jeudi 17 mai 2012

Une séance de travail monté avec Lune

Je viens de retrouver des vidéos datant du 16 mars, que j'avais oubliées. Je ne me rappelle pas des circonstances de la séance, mais je crois qu'à cette période Lune ne pouvait pas être montée de manière très régulières à cause du temps. Le terrain n'est pas facile puisqu'il est en pente et irrégulier, il y a des cailloux.
Je vais chercher sur ces vidéos des erreurs de positions ou autres maladresses et les conséquences sur l'attitude de Lune. Pour ce faire, je visionne tout d'abord les vidéo à vitesse normale, et note les modifications d'attitude, en particulier les moments où elle s'inverse. J'observe alors, au ralenti, voire image par image ce qui semble être à l'origine de la contraction.

Première vidéo :

Travail au trot enlevé puis transition au pas, à main gauche. La partie basse de la pente est à droite de la vidéo.

L'attitude de Lune est irrégulière :

Déséquilibre !

C'est la première image de la vidéo, je ne sais pas ce qui a provoqué ou ce qui n'a pas empêché cette situation. Nous venons de tourner à gauche, en bas de la pente.
Dans ma position, je semble tomber sur ma fesse gauche.
La jument n'est pas incurvée et surcharge son épaule gauche. Les épaules sont à l'extérieur de la courbe. Il y a trop de pli d'encolure. D'ailleurs, ma main gauche agit ce qui n'est pas bon.




 On voit bien le traversement de Lune sur cette capture, alors qu'elle est moins en perte d'équilibre. Ma main gauche est revenue à sa place.

 L'attitude de Lune s'améliore, mais elle est toujours en déséquilibre sur les épaules (et a toujours le postérieur gauche à l'intérieur)
Ma jambe gauche semble plaquée, ce qui n'aide pas les épaules à venir devant.










Un peu plus de rondeur.


Position assez catastrophique, mais qui ne gène pas Lune outre mesure ici :
mes jambes sont crispées, genoux serrés, ce qui me fait sortir de la  selle et fait remonter mes pointes de pieds.
Dans le même temps, je creuse mon ventre et penche les épaules vers l'avant, ma tête tombe.



L'attitude de Lune est assez jolie, mais elle se retient un peu. Malgré ma mauvaise position, je parviens à ne pas trop gêner ma jument (mais tout de même, elle se retient), mais cela ne peut pas durer : je suis trop en déséquilibre. Dans cette attitude, je ne contrôle rien, et c'est à la bonne volonté de Lune que je dois de ne pas me faire ramener dans l'abris par exemple. Au moindre écart, j'ai de forte chances de tomber.
Voilà probablement l'attitude que je cherchais lorsque je me déséquilibrais vers l'avant : l'étirement de la colonne et un plus gros engagement des postérieurs. J'aurais du rester mieux en équilibre au dessus de mes pieds et me grandir plutôt que me vouter.
Vous me direz : "ça a marché" ben oui, mais comme je ne monte pas toujours aussi mal, Lune connait. Et puis j'arrive à compenser ma position pour "éviter la casse" au moins un peu.

Le fait que je sois un peu en avant n'est pas trop gênant ici et je tiens mieux mon dos. Par contre, les fesses en arrière et les jambes en avant ça ne pardonne pas !

Mauvaise action de jambe et débandade.

 Voilà : est-ce que je tente de me replacer, est-ce que je demande plus d'impulsion, en tout cas j'utilise mon talon, la dérange avec cette maladresse...

Voilà le résultat.














Reprise du contrôle par l'amélioration de ma position.

Je parviens à me redresser et à me grandir, cela permet de moins gêner le cheval, qui peut alors accepter de recommencer à essayer de se décontracter.











Bien q'un peu penchée en avant, ma position est meilleure et l'attitude le Lune est correcte. En revanche, la cadence est un peu rapide.















Transition


 Nous nous redressons pour effectuer la transition au pas.
 Lune s'ouvre un peu, et je ne suis pas complètement dans ma selle. Mes épaules sont voutées.
Lune avance correctement son postérieur dans sa première foulée de pas.
Je regarde trop Lune, mes jambes semblent trop contractées. Lune à toujours ce postérieur gauche à l'intérieur. Globalement, les attitudes sont correctes (meilleures).

On est bien loin d'un travail rassemblé.










Deuxième vidéo

Travail au trot enlevé sur des changements de main et un peu de variations dans l'allure.

Une bonne attitude globale, pour me faire plaisir.

Un peu de raideur de ma part semble-t-il.

















perte d'équilibre


Ma jambe est moins fixe, et mon équilibre est en conséquence plus instable. Alors Lune s'ouvre un peu en sortant ses épaules.











Mains maladroites

 Les épaules de Lune sont toujours dehors (c'est son équilibre naturel, d'avoir les épaules à droite et les hanches à gauche) Je cherche ici à lui ramener les épaules.
Mes mains sont trop en traction, je devrais avancer la main gauche plutôt que la reculer. mes épaules ne pivote pas alors que je devrais m'en servir pour orienter celles de Lune.
Mon action est trop longue.
 Lune se contracte
Ma position redevient moins envahissante et Lune recommence à tenter de se livrer. 
Je laisse ma tête "tomber", ce qui provoque un léger avachissement du haut de mon corps.












Mauvais changement de direction

Lune tombe à droite, le pli n'est pas là. Pourtant, le postérieur droit semble avancer correctement.
Mes épaules sont parties en avant, ce qui favorise la perte d'équilibre de Lune. C'est probablement la cause du changement de posture. 
En outre, ma jambe externe n'est pas fixe, ça la dérange.











L'équilibre se rétabli et nous voilà de nouveau dans une attitude correcte, malgré que le terrain soit en descendant ici.











Encore la main qui gêne

 Bien que l'attitude globale de Lune soit correcte, on voit ici un fort déséquilibre dans la courbe. On est encore loin d'une attitude rassemblée.








L'action de la main droite est trop longue,






 Et Lune, qui n'a pas encore vu l'ostéo, trouve cela particulièrement désagréable.

















Changement de main de droite à gauche.

Si les changements de gauche à droite sont problématiques, cela coule mieux pour passer à gauche.
















Mauvais passage du coin

 Le passage du coin est mal préparé, Lune n'est pas suffisamment en équilibre. Je tente de me grandir, mais devrais peser d'avantage dans ma selle pour lui permettre de mieux se tenir et de s'engager.
Du coup, c'est la fuite en avant.

















Globalement, le travail sur la vidéo est satisfaisant

Au fil du travail, tout devient plus fluide et l'équilibre et les posture s'améliorent.
Ici, nous finissons un changement de main de gauche à droite.
















Troisième vidéo

Toujours au trot enlevé. Il s'agit d'un travail d'étirement de la ligne du dessus. La cadence est plus lente qu'en début de séance, ce qui est positif. En revanche, Lune manque de rebond, mais elle en manquait aussi au début (et comme toujours d'ailleurs)

 Ma position est meilleure, même si mes jambes ont encore tendance à fuir en avant. C'est d'ailleurs, il me semble à la suite de cette séance et après avoir vu ces vidéos pour la première fois, que j'ai décidé de mettre les taquets avant de la selle, même si je trouvais qu'il m'éloignaient les jambes. Sur cette photo, les membres au soutient semblent manquer de parallélisme, ce qui serait le signe d'une dégradation de l'allure avec la rupture de la diagonalisation. Il n'en est heureusement rien, comme le montre la capture suivante :

Telle jument, telle cavalière : les fesses à gauche, les épaules à droite ! L'une entraine l'autre dans cette attitude. Personnellement, il me faut travailler à la décontraction de la hanche droite, afin que ma jambe puisse tomber librement et que mon poids se répartisse équitablement sur mes deux fesses. Ce faisant, je devrais pouvoir permettre à Lune de relâcher sa hanche droite et lutter ainsi de manière plus efficace contre le fait quelle soit traversée. (Tous les chevaux le sont plus ou moins, Lune l'est beaucoup)










L'auto critique et l'analyse du travail est une bonne chose... Cela permet d'orienter le travail ultérieur, mais aussi de lutter contre l'ego cavalier, qui, comme je l'ai dit à plusieurs reprises, a tendance à être un peu trop important. A condition toutes fois, de ne pas se chercher d'excuse ! 

mercredi 16 mai 2012

Comportement politique des chevaux

Je suis assez consternée par les résultats des élections présidentielles.

Il n'est pas du tout question de faire une analyse politique, ce n'est pas de ma compétence et ce n'est pas ce qui m'intéresse, je suis intéressée par le comportement.
Ce qui me perturbe ce sont les personnes s'étant plaintes de la politique de N.S. mais qui ont votés pour lui, et il semble qu'ils soient très nombreux.
Des individus dont le corps de métier à souffert, qui ont donc été mis en danger : des policiers, des enseignants, des ouvriers...
C'est peut-être simpliste mais je pense que c'est parce que la plupart des personnes sont incapables de voter ailleurs que dans leur parti habituel, voire familial : on vote à gauche ou à droite de parents en enfants et depuis toujours, avec éventuellement des variantes plus ou moins à gauche ou plus à droite, en abordant éventuellement le centre...
Autrement dit, il semble exister une sorte de rigidité de l'esprit qui empêche de changer de ligne d'opinion.

En gros, on n'est pas d'accord, on a souffert, mais on continue sur la même ligne, par ce qu'on est incapable de penser que cela irait mieux en procédant d'une autre manière (on a toujours fait comme ça, on n'est pas mort blabla bla...)

Cela existe-t-il chez le cheval ?

 Ma première réaction serait de dire que non.
Prenons l'exemple d'un cheval qui franchit les clôtures, s'il se prend une décharge, il ne le fera plus ! Quand ça se passe mal, le cheval modifie son comportement. Si le courant ne passe plus, le cheval franchisseur le découvrira et recommencera à sortir pour trouver de la bonne herbe verte. Quand cela lui procure un avantage, le cheval modifie son comportement.

Donc le cheval est capable de modifier ses actes en fonction de ce qui est le mieux pour lui.

Contrairement à l'homme ? Ben, on ne peut pas comparer un choix politique et le fait de franchir une clôture (même si dans les deux cas il est question d'une ligne à franchir.)

Y-a-t-il donc quelque chose de semblable à l'affinité politique chez le cheval ?  

On ne peut pas vraiment affirmer que le cheval ait des opinions !


Excluons alors la notion d'opinion, donc d'idée directrice d'un parti politique, et concentrons nous sur la personne : le président, le meneur ou le dominant, selon.



Les dominants changent assez peu, bien que cela arrive, mais cela n'entre pas vraiment en ligne de compte : le dominant n'est pas un dirigeant, le dominant est celui qui va souvent virer un compagnon de la bonne touffe d'herbe. Il n'est pas choisi !

 Pour rappel, le leader est celui que l'on suit : on sait qu'il connait les points d'eau, là où l'herbe est bonne donc quand il va quelque part, on y va aussi. Les chevaux changent assez peu de leader, mais celui-ci reste stable tant qu'il apporte au troupeau. Si le meneur cessait d'être efficace, les autres chevaux cesseraient de le suivre et d'ailleurs l'ancien meneur serait content de suivre un cheval plus efficace dans la découverte des ressources.
Par exemple, Lune marche très bien en longe, mais elle peut parfois marquer des réticences. C'est-à-dire qu'elle me suit bien et donc qu'elle m'accepte comme leader, mais que parfois elle n'est pas sûre de la validité équine de ce que je vais lui présenter (quelque chose l'intrigue dans le paysage, par exemple) et ne me suit pas bêtement, par conditionnement. Il y eu une période où elle ne voulait plus aller au pré après le travail. Non, ce n'était pas parce qu'elle voulait continuer de travailler ! C'était parce que son pré était pelé, il était donc non pertinent d'y aller, et je me transformais en mauvais leader en l'y emmenant. (il m'a suffit de lui mettre du foin pour résoudre ce "problème"...)
Le cheval est donc bien capable de changer de leader si celui-ci se montre incompétent.

Si les chevaux sont capables de changer de meneur, pourquoi pas les hommes ?
J'ai éliminé, tout à l'heure, la notion d'opinion et ainsi celle de parti. Mais le parti c'est peut-être d'avantage un clan, qu'un assortiment d'idées directrices ?

Le cheval a-t-il l'esprit de clan, est-il lié à un groupe, de préférence à tout autre ?

Oui, les chevaux ont des affinités entre-eux et ils sont fidèlement liés à leur groupe. On voit les membres des troupeaux qui se rapprochent les uns de autres en cas d'inquiétude, les chevaux qui se liguent entre eux contre un intru, ou un dominant qui va prendre la défense d'un compagnon de son troupeau contre un autre.






Alors, est-ce que, à l'exclusion de tout raisonnement, de toute notion de confort, de sécurité même, l'homme comme le cheval, reste généralement incapable de se dissocier du groupe auquel il s'est attaché ?

dimanche 13 mai 2012

Qualisto ou le manque de travail

Qualisto, c'est lui
C'est un poney fjord, adorable et amical envers les humains.
Il doit avoir environ 7ans. Ce n'est pas mon cheval, mais il est en pension au même endroit que ma jument, et fait donc parti des chevaux que je soigne (nourris en particulier) régulièrement. Qualisto n'est pas débourré et ne travaille pas. Ce n'est pas nécessairement un soucis. Je ne suis pas convaincue que tout cheval doive travailler et être en conséquence "débourré" pourtant ...

Qualisto a un comportement assez juvénile : curieux, insistant mais qui évolue fortement à l'heure actuelle vers le très irrespectueux et l'agressivité.
En fait,

Qualisto a besoin de travailler.


Tout d'abord, parce que Qualisto s'ennuie.

Dans une première période, il vivait au pré, avec des copains et de l'alimentation à volonté, ce qui n'est pas forcément bon pour lui d'ailleurs car il est facilement en surpoids.
Ses compagnons étaient Bouyou, un grand sang-chaud belge d'une 20aine d'année, Square, un pur sang-anglais de 5ans (ces deux chevaux sont la cause de l'alimentation poussée des équidés de ce pré) et un vieux poney type pottock, d'une 20aine d'année aussi, Ernest.
Lors de son intégration dans le pré, Qualisto a voulu se lier d'amitié avec Ernest, mais le vieux ronchon n'aime que les filles, et n'en a pas voulu.

Finalement, il est devenu grand copain avec Square.

Square et Qualisto jouaient beaucoup, des jeux de mâles :
En général, Qualisto prenait l'initiative du contact. il l'embêtait un peu et Square répondait : ils se mordillaient gentiment, se cabraient un peu, se poussaient... Puis, le ton montait, les morsures se faisaient plus dures, ils se couraient après, ou plutôt Square s’enfuyaient et Qualisto lui courait derrière... Puis Square revenait quand Qalisto ne suivaient plus... Bientôt, les postérieurs volaient un peu.
Les jeux de poulains, des jeunes mâles en particulier, consistent à tester les forces de caractère, à argumenter sur leur capacité à être dominant, à tester leur habileté à se battre ...

Ils ne se faisaient pas mal, mais il y avait des bobos. Rien de grave, c'était du jeu, ça leur faisait du bien au fond...






Sauf que Qualisto, jamais il ne s'arrête, il était toujours après Square, mais aussi après les autres. Pas Bouyou, il avait peur de Bouyou, mais il embêtait le pauvre vieux Ernest...

Et nous... Lorsqu'on venait au pré, on avait toujours un nez jaune quelque part. Dans le dos, sur l'épaule, dans la poche, dans les mains.... Il est mignon Qualisto, mais enquiquinant, envahissant, et là, c'est un problème ; j'y reviendrais.



Qualisto est un peu âgé pour jouer comme il le faisait avec Square. On peut expliquer ce comportement par trois choses : son caractère propre (pourquoi pas, mais les éthologues semblent dire que le jeu n'existerait pas chez le cheval adulte, le principe de néoténie peut contredire ce point au moins en ce qui concerne le cheval domestique, mais c'est un tout autre sujet), le fait qu'il soit castré qui a pu le maintenir dans un état juvénile, et l'absence d'occupation (de travail) qui le pousse à trouver une activité ...


Maintenant il se retrouve avec des chevaux plus âgés, qui eux ne jouent pas (ou moins et surtout pas aux mêmes jeux).
Qualisto est tout d'abord resté avec Ernest (les deux grands étant partis à l'herbe) son comportement envahissant envers nous c'est aggravé, d'autant plus qu'il dominait Ernest. Il se trouve à présent au pré avec un autre grand poney/ petit cheval (croisement d'islandais et de barbe) borgne et âgé de 20 ans lui aussi, Java.

Qualisto a tout d'abord tenté, avec un certain succès, de dominer Java, mais aussi de s'en faire un copain : il le colle, le suit, le renifle... Ils se battent assez souvent, Java est gentil mais importuné par cet envahisseur impoli. C'est sans gravité : ils sont de force égale, non ferrée et se séparent vite. Pendant quelques temps, Qualisto à le premier accès aux ressources, mais au bout d'une quinzaine de jours, la situation se stabilise et Jave domine franchement. Ils sont copains c'est-à-dire qu'ils mangent ensemble parfois, se font des grattouilles, mais Java a expliqué à Qualisto que certains jeux ne sont plus de son âge et qu'il entend manger la meilleure part ! Le comportement de Qualisto avec nous s'améliore sensiblement.


Qualisto manque de discipline

Donc, je le disais, Qualisto est un cheval envahissant.


Lorsqu'on entre dans son pré, on a une grosse tête jaune qui nous barre la route, éventuellement nous pousse. Ça peut sembler agréable dans un premier temps, il est affectueux, câlin, mais c'est équinement incorrect. Cela pose de mauvaises bases sur la relation homme /cheval.
C'est un soucis : on ne peut rien faire, on est envahi. Pire, si l'on veut s'occuper d'un autre cheval, celui-ci peut se faire attaquer (il ne le fait plus avec Java) et tant pis si nous sommes à proximité.
Au final, c'est dangereux et d'autant plus qu'il est franchement irrespectueux, ne se pousse pas et pire, les mauvaises bases  étant posées, lorsque l'on refuse de se laisser faire, il se rebiffe et menace... C'est-à-dire à chaque fois qu'on l'alimente, il couche les oreilles, tente de nous bousculer si l'on ne lui donne pas immédiatement le foin, voire, il tourne le cul si l'on lui demande de se pousser.

Étant donné la direction prise, deux situations sont possibles si rien n'est corrigé :
1) On le laisse faire, après tout, si on ne le contrarie pas, il reste gentil. On s'occupe de lui en priorité (et tant pis pour les autres propriétaires, quoique grâce Java, la situation semble s'être améliorée) ; on lui donne le foin vite fait, tant pis si c'est dans les crottins... (moyen tout de même !)
Le gros problème est que ainsi, on confirme sa dominance, le jour où on aura besoin d'une meilleure obéissance, on ne pourra pas. Le cheval se rebiffera voire blessera quelqu'un. "Je ne comprends pas, on a toujours été gentil avec lui pourtant !" ben voyons!

2) On sanctionne, à chaque fois, sévèrement même s'il faut. Un cheval dont on s'occupe régulièrement partage son temps entre beaucoup de soin, du travail, des récompenses, et parfois des sanctions. Dans le cas de Qualisto (qui n'est pas mon cheval, qui ne m'est pas confié au travail) la relation se baserait alors uniquement sur la sanction, il perdrait confiance et anticiperait, on le rendrait agressif.

Une solution en attendant une amélioration.
Heureusement, il y a un troisième chemin qui permet de mettre des limites. Il s'agit d'éviter la situation conflictuelle.
Attacher le cheval avant de distribuer l'alimentation permet de ne pas l'avoir dans les jambes et ainsi de ne pas se trouver en situation de devoir le sanctionner et de rester en sécurité (bien que je ne pense pas qu'il présente un danger à l'heure actuelle, ça peut venir.) Cela permet en plus de le manipuler, de le contraindre un tout petit peu. Si, en plus, on prend le temps de l'emmener à son tas de foin en main on instaure un bon statut de leader, et on entre carrément dans une relation positive. Ce faisant, on affirme notre statut de dominant car on en profite, le licol aidant, pour travailler le respect en main, on attend qu'il demande la permission pour le laisser manger.
La demande de permission se voit dans l'attitude du cheval : hésitation, détournement léger du regard, le nez par terre a distance, approche latérale... L'approche directe n'est pas autorisée, encore moins si les oreilles sont plaquées !


Après quelques temps, on peut recommencer à alimenter en liberté, mais il vaut mieux garder l'habitude de se munir d'une chambrière pour garder le cheval à distance si besoin est.


Voici Square : il prend le seau d'une manière latérale. Les oreilles sont couchées mais pas plaquées. En fait, elles ne marquent pas d'agressivité, mais plutôt de l'inquiétude et une certaine tension nerveuse. 

  En quoi le travail améliore ces problèmes ?

Dans la nature, le cheval ne travaille pas, il peut alors sembler étrange de considérer le travail comme salutaire, voire indispensable à un cheval. Le cheval sauvage doit affronter des obstacles ou situations variés. Des énigmes naturelles qu'il doit résoudre, pour boire, s'alimenter, procréer etc... La nature lui pose sans cesse des contraintes diverses.
Le cheval domestique n'a généralement pas ces soucis à résoudre, même si l'on essaie parfois de lui compliquer un peu la tâche (en utilisant des filets à petites mailles par exemple.) Cela lui laisse par conséquent beaucoup de temps libre, beaucoup de "cerveaux libre" aussi... il s'ennuie.

Le travail n'est pas nécessairement que de l'exercice physique, ce qui n'est déjà pas si  mal en soit ! On pose des énigmes au cheval, on peuple son esprit de données nouvelles qui doivent lui revenir par la suite. On prend un peu du temps de sa journée, pendant lequel on lui procure une occupation différente. On le mobilise.
Les propriétaires de Qualisto viennent le voir, il n'est pas à l'abandon, loin de là, mais ils ne lui posent pas de difficultés, pas de challenges, pas de contraintes.

Le travail permet d'entretenir de bonnes relation. Par le pansage déjà (mais on peut brosser sans faire travailler), par la mobilisation : on sait que le cheval qui fait bouger l'autre est le cheval dominant, la base du travail avec un cheval étant généralement le mouvement, on entre bien dans ce contexte. Cela donne des occasions de récompenser, voire de faire réfléchir le cheval. On entretient une certaine perméabilité de son esprit (disons, capacité à apprendre, à communiquer avec nous). Enfin, on passe un moment avec lui (bon de préférence) ce qui permet de créer des liens.
Les petites contraintes, les récompenses etc permettent de déterminer, de manière assez indirecte mais plutôt efficace si l'on reste cohérent dans notre manière d'agir entre temps avec le cheval, le cadre de la relation que l'on veut entretenir avec lui. On n'oublie pas que, à partir du moment où le deux-pattes est proche du cheval, ils sont en situation de travail (c'est-à-dire que le cheval doit être attentif à l'homme, en état de communiquer avec lui et de répondre à ses demandes.) Alors il est naturel qu'un travail construit favorise une bonne relation générale.
Pour rappel : une bonne relation ce n'est pas des câlins, c'est confiance et respect, pour l'essentiel.

Qualisto me sert ici d'exemple, parce que je le vois quotidiennement et que l'évolution de son comportement est caractéristique, mais il est loin d'être le seul dans ce cas.
Je vais présenter ici brièvement 8 autres chevaux en expliquant en quoi le travail leur est indispensable ou pas, tous ces chevaux vivent au pré avec un ou des compagnons.

Java environ 20, petit cheval ou grand poney de type rustique. Facile à soigner, ne pose pas de problème. Il semble apprécier la compagnie de l'homme mais aussi pouvoir s'en passer, ne semble pas avoir un gros besoin de travailler, mais il tirerait certainement un certain bénéfice à le faire (soin, occupation, entretiens de la santé par un travail approprié)



Bouyou, environ 20 ans. Bouyou souffre d'une déformation d'un postérieur suite à un accident. Il a été cheval de compétition et a du beaucoup travailler. Sa propriétaire actuelle s'occupe régulièrement de lui, mais il ne travaille pas. Il semble (il ne fait plus parti des chevaux que je soigne quotidiennement) bien équilibré ainsi. Il a eu néanmoins une phase agressive vis-vis de l'homme à son arrivée, en particulier lors de la distribution des repas. Le travail aurait peut-être pu améliorer rapidement les choses, mais je pense que le problème était situé ailleurs et plutôt lié à son passé de cheval de box (proximité, surpopulation) et son manque d'état (il est fort probable que ce cheval ait eu faim)



Joguette, 30 ans passés, a fait du club et servi de "jouet" à des enfants c'est ma ponette depuis une dizaine d'année. Elle semble apprécier de promener des tout-petits, mais de manière très épisodique et sur un temps très court. Elle a exprimé clairement vers ses 22ans qu'elle avait suffisamment travaillé dans sa vie en manifestant une assez mauvaise volonté, un gros manque d'entrain et un air dépité à chaque propositions. En revanche, un pansage régulier entretient les liens et un bon moral.

Ernest, 20 ans environ, a fait du club et sert de "jouet" à une famille. De même que pour les trois autres chevaux âgés mentionnés ci-dessus,  les soins et les attentions lui sont moralement plus profitable que le travail à proprement parler.

Square 5 ou 6ans, réformé des courses suite au claquage des tendons des deux antérieurs. Cheval craintif qui connait les bases de l'éducation. Il ne travaille pas et est peu manipulé. Bien qu'il ne présente pas de difficulté lors des soins ordinaires et est respectueux de l'homme (plus exactement, il est craintif), il lui serait profitable de travailler. La crainte risque de s'estomper et être remplacée par un excès de confiance et il risque de devenir envahissant (lié à la personne qui le manipule de temps à autre, qui autorise certains débordements "affectifs" (ce n'est pas de l'affection)). Le travail, et les soins et manipulations qui y sont liés, lui permettraient de prendre confiance et respect (cheval suiveur et respectueux), lui permettraient peut-être une meilleure confiance en lui. Cela mobiliserait aussi son énergie et éviterait que d'éventuels débordements causent un accident, dans une petite mesure.

Lili 14 ans, travaille de manière épisodique. Elle ne montre pas un gros besoin moral de travailler : son comportement reste régulier entre les périodes où elle ne fait rien et celles où elle travaille. En revanche elle a un très gros besoin de soin et de contact humain.

Lune ma jument de 14 ans, travaille assez régulièrement mais connait des périodes où elle ne fait rien. Le manque de travail la conduit à une agressivité accrue envers les autres chevaux et lui donne un mauvais oeil qu'on peut associer à un mauvais moral.

Qualima, 7 ans, travaille de manière épisodique. Devient rapidement agaçante ou agressive avec les autres chevaux durant les périodes où elle ne fait rien et envahissante et irrespectueuse vis-à-vis des deux-pattes, avec une tendance à la "réponse insolente" (c'est-à-dire à botter) si la période se prolonge.

Pour conclure, tout les chevaux mentionnés montrent un meilleur moral et une meilleur adaptation à la vie domestique, avec des soins réguliers (pansages en particulier). Le comportement des plus jeunes est grandement amélioré avec un travail régulier. Les chevaux plus âgés ont généralement un comportement plus adéquat, ce qu'on peut mettre sur le compte d'une énergie moindre et d'une acquisition sur le long terme du comportement à adopter vis-à-vis de l'homme. En outre, le comportement des individus âgés évoluent moins que celui des jeunes.
Je n'ai pas mentionné la santé physique à laquelle profite généralement un travail régulier, que ce soit le surpoids (Qualisto et Lili essentiellement), la préservation du bon fonctionnement musculaire et articulaire (Lune en particulier, et la majorité des chevaux âgés... et donc des jeunes en prévention et à condition que le travail soit adapté.)

La vie des chevaux-tondeuses n'est pas la meilleure. Avoir un cheval demande du temps, même si l'on s'arrange pour lui procurer des conditions de vie optimales (pré, compagnons, alimentation).

mardi 1 mai 2012

A propos de certains moyen contre l'immigration.

L'immigration pose un problème à certaines personnes. Il semble en effet, que le nombre d'immigrants soit plus important que ce que la France est capable de gérer. Je ne sais pas, ce n'est pas le sujet ici...

Toujours est-il que les hommes politiques parlent régulièrement de "résoudre les problèmes de l'immigration" et proposent différentes choses. Certains des moyens invoqués sont décortiqués ci-après.
Tout d'abord, il faut convaincre la population que les immigrés sont responsables de nombreux maux : facile, il suffit d'affirmer et de répéter, répéter, répéter qu'ils nous prennent le travail et sont responsables du chômages ; puis aussi qu'ils ne veulent pas travailler et viennent en France pour profiter des aides et nous ruiner (non, non, il n'y a pas de contre-sens, pas du tout !)
Il est évident qu'ils ne craignent pas la guerre, la répression, la misère qui règne dans leur pays. Ils ne l'aiment pas leur pays, ils ne peuvent être attachés à la terre qui les a vus naître, voyons ! (Il vous faut un panneau "Sarcasme" ou vous avez compris ?)

Alors il faut :
Supprimer toutes les aides
Comme ça, ils resterons chez eux ! (Puisqu'ils ne viennent que pour les aides !)
Peut-être effectivement que ça en fera hésiter certains, mais les autres, ceux qui fuient la guerre, la répression (bon on va admettre que c'est vrai alors ! Ou alors ils viennent que pour nous voler ... Ah oui, c'est ça, c'est mieux !) ceux qui veulent mettre leur famille à l'abris, ils vont chercher du travail et nous le prendre, encore plus!!!!
Ou pas, après tout, si il y a trop de chômage, on pourra leur interdire de travailler. Génial, on pourra avoir encore plus de travailleurs au noir, payés une misère, imaginez le profit ...
Et aussi, des mendiants, des miséreux... violents peut-être ? Vous voyez ? Je vous l'avez dit ! De la sale engeance les immigrés ! (Encore un panneau ?)

Alors il faut :
Fermer tout simplement les frontières, et même les mettre dehors.
Ça semble être une solution simple, évidente, pratique... On résout le problème. C'est pas très sympa ? On s'en fout, la politique c'est pas fait pour être sympa... Ou alors avec ceux qui nous maintiennent en place, qui nous donne de l'argent ou éventuellement qui nous font chanter.... 
Est-ce une vraie solution ? Pas sûr : l'immigration ordinaire va être remplacée en grande partie par l'immigration clandestine avec son lot de misères amplifiées, d'abus sur les personnes, l'esclavage, la mendicité, la violence. Ce n'est pas très grave : ça prouve bien que les immigrés sont des mauvaises personnes. (Pas de panneau là, vous avez compris ?)
Il suffira de faire des descentes armées et de les placer dans des camps en attendant de les mettre dehors... ou sous terre (en voilà une bonne idée, les immigrés, c'est comme les araignées et les rats, ça revient toujours !) Bientôt, les descentes dans les caves et les entrepôts ne suffiront plus, alors il faudra contrôler tout ce qui ressemble à un immigré. 
Pour ça il faudra déterminer à quoi ressemble un immigré... (ça ne vous dit rien ?) et puis quand même, pour faire la différence, les autres, ceux qui ressemblent à des immigrés mais n'en sont pas, on devra leur mettre un signe distinctif, sur la veste, un truc jaune par exemple... Pas une étoile, ça a déjà été fait ! (Pis faudra quand même les surveiller, après tout, s'ils se ressemblent c'est qu'ils doivent avoir des défaut communs... ) 

Puis plus tard, par mesure de sécurité, ceux qui ont des marques (jaunes, mais pas des étoiles ou alors pas à 5 branches) on pourra les mettre dans des camps... On ne sait jamais !
(On y est ? Les camps, les étoiles jaunes à 5 branches...)


Ou alors... ?
Ou alors, on pourrait espérer pouvoir rendre leur pays habitable, travailler peut-être en ce sens.

Pour être honnête, je sais bien que l'immigration est un vrai problème. Il est difficile d'aider son prochain quand on est soi même dans la panade et quand bien même, il est impossible de recueillir tout le monde surtout si l'on tient à conserver un certain confort. Personnellement, j'y tiens à mon confort.
Comme exemple concret : j'ai deux chevaux, ma jument, Lune, que je monte, et une vieille ponette. Les deux chevaux me coûtent de l'argent, du temps... : vétérinaire, dentiste, alimentation etc ... Et ne croyez pas que ma trentenaire me coûte moins cher ! Elle a des aliments spéciaux pour palier à son manque de dents par exemple. Si je récupérais tous les chevaux mal nourris ou en instance de partir à la boucherie dont on parle autour de moi, je ne pourrais pas les nourrir et encore moins leur prodiguer les bons soins qui me permettent de monter Lune ou surtout qui permettent encore à ma ponette de manger. Au lieu d'avoir deux chevaux heureux et en bonne santé, j'en aurais trois, quatre miséreux...

Revenons aux immigrés, c'est sûr qu'ils ne le sont pas de gaité de cœur, c'est certain qu'ils préfèreraient rester chez eux et de pouvoir y être en sécurité et de pouvoir s'y nourrir. Favoriser leur sécurité dans leur propre pays semble être la meilleure chose à faire.
Mais comment ?
L'application de certains droits, comme par exemple celui d'être homosexuel, semble déjà difficile à imposer à un pays (de quel droit, de quoi se mêle-t-on ?) mais il y a les famines et les guerres. Développement, irrigation, puits, routes sont des moyens pouvant permettre de lutter contre la faim, la misère, mais des moyens chers. Quant à la guerre, l'amélioration des accès aux ressources, chez l'homme comme chez le cheval, limite les conflits, mais les limite seulement. L'intolérance peut être combattue par une éducation qui irait dans ce sens, mais encore faut-il que cette direction de l'éducation soit autorisée... (ou risquer de voir partir des écoles en cendres)

Travail long et fastidieux en perspective, dangereux même parfois. En attendant, il est important d'éviter de tomber dans un nationalisme obscur, dans une répression inhumaine (ou trop humaine ?) alors, oui faire au mieux en attendant ...

Peut-être que le confort, comme la culture, peut se partager ?


jeudi 19 avril 2012

Pauvre poulain ou comment peuvent apparaitre certains troubles du comportement

Vu dans une écurie :
 Une jeune femme se jette en hurlant, chambrière en avant, fouettant l'air (et j'espère que l'air) sur la porte d'un box, et s'acharne, s'acharne, s'acharne, agitant, agitant, la chambrière, et criant... Un poulain, juste arrivé certainement, est dans un de ces boxes ne permettant aucun contacts entre voisins, n'autorisant qu'un léger contact visuel en passant la tête par dessus la porte.
Lui, il ne veut pas ! Il est mal là dedans : il n'y a pas de place pour s'enfuir, on voit mal le danger arriver, et surtout, SURTOUT,  ON NE VOIT PAS LES COPAINS ! Alors lui, forcément, il veut sortir, normal ! L'est pas si bête de rester dans un endroit aussi dangereux ! ... Sauf que dehors, il y a des monstres... Des deux-pattes...
Evidemment, je comprends la réaction première : courir pour refluer le poulain dans le box. Mais peut-être n'était-ce pas nécessaire, peut-être qu'après avoir suffisamment essayé, il aurait laissé tomber... oui, mais s'il y arrivait ...! S'il se fait mal... ! OK. Mais s'acharner ?
Pour qu'il apprenne ? Pour qu'il comprenne ? Ça oui ! Mais certainement pas ce que l'on souhaite !

Fermer le volet... Ils le font aussi quand ils ne peuvent surveiller, je suis d'accord c'est plus prudent. Mais enfin, ce poulain, il est dans le noir, encore plus isolé, paniqué et sans solutions. On risque la dépression, la résignation (au sens négatif, c'est à dire l'abandon de toute volonté de vivre).
Que comprend-il ce poulain ?
Il apprend que ce qui s'approche du box est dangereux,  que l'homme est un prédateur... Il risque de développer un attachement excessif envers sa boite : il y est mal, mais il s'y fait, il s'adapte, au moins c'est tranquille et finalement il ne lui arrive rien!
Il risque de développer des comportements agressifs envers ceux qui s'en approcheront, voudrons y rentrer. Il pourra aussi manifester des angoisses quand on voudra l'en sortir etc ...
Que faire alors ?
C'est pourtant simple : il ne veut pas de cette boite, on ne l'y met pas : on trouve une place où il peut être en contact avec ses compagnons en sécurisant tout de même la porte mais sans le priver de lumière, ou on le laisse au pré (en l'habituant tout de même progressivement à supporter l'enfermement, au cas où cela devenait indispensable, en cas de blessure par exemple)

mercredi 18 avril 2012

Chômage, punissons les victimes

Une catégorie des candidats aux élections prend le parti d'amplifier une croyance désobligeante, méprisante, que les chômeurs, sont les rebuts de la société et qu'ils méritent l'opprobre. Je vais décortiquer certains des propos tenus pour montrer comment sous des phrases apparemment anodines imitant  une juste volonté de rendre la justice, on tente de nous manipuler.


"Instaurer un droit à la formation pour tous les chômeurs et l’obligation pour eux d’accepter un emploi qui correspondra à la qualification qu’ils auront acquise."
Le droit à la formation, c'est très bien. Si l'on est au chômage, cela peut-être parce que l'on manque de formation ou parce que la formation initiale ne correspond pas aux besoins. 
L'obligation d'accepter est la partie dangereuse de la formule : Cela veut dire que la personne doit accepter même si les conditions de travail sont inacceptables, qu'il peut se trouver à la merci d'un employeur indélicat ou obligé de quitter sa famille pour travailler loin etc ...
Surtout la formule tant à laisser croire que les chômeurs passe leur temps à refuser des emplois : il faut les obliger à travailler. C'est une phrase sournoise, pernicieuse : elle fait croire que si l'on veut que le chômage cesse, il faut obliger les chômeurs à se remettre au travail. Si il y a du chômage, c'est la faute des chômeurs ! 



"Lutte contre la fraude aux allocations-chômage en conditionnant leur octroi au bon suivi d’une formation professionnelle qualifiante, par référendum si les négociations avec les partenaires sociaux devaient échouer."
"Vérifications accrues des obligations de recherche et d’acceptation d’un emploi par les chômeurs."
La première formule est bien compliquée, mais les deux veulent dire la même chose. (La deuxième semble ajouter que si les syndicats ou autres mouvements ne sont pas d'accord, ils subiront la pression du peuple. Je n'ai absolument rien contre les référendums, j'ai tendance à apprécier "la pression du peuple" mais le peuple a malheureusement tendance à suivre les mouvements de masse sans réfléchir individuellement. Bien manipulé, le peuple met Hitler au pouvoir et brûle les chômeurs heu ... pardon, les sorcières. Et ces propos sont des manipulations)
Donc, elles veulent dire la même chose : Les chômeurs sont des menteurs et des voleurs. Ils mentent en disant qu'ils ne trouvent pas de travail. En vérité il y en a voyons ! C'est qu'il ne veulent pas travailler et ce faisant il vous VOLENT vous, les honnêtes et braves travailleurs. Il faut les surveiller, et de près ! 
Le fait est que cela ce fait déjà ! Pointer tous les mois, se présenter à des rendez-vous où ils prouvent leurs recherches... Et où on ne peut les aider. 





"Rendre obligatoire pour les bénéficiaires du RSA d’effectuer 7 heures d’activité d’intérêt général par semaine, rémunéré sur la base du SMIC."
Rémunéré, bien, mais décortiquons.
Maintenant que l'on vous à bien expliqué en quoi les victimes du chômage sont coupables, on vous explique qu'il faut les punir, et en particulier ceux qui ont encore moins de moyen que les autres et qui osent réclamer plus d'aide. On doit les punir en leur faisant faire des travaux forcés... Non, pardon, les travaux forcés c'était avant, maintenant on dit "travaux d'intérêt général".
Voyons, c'est évident : ces individus qui n'ont pas de travail ou dont le travail n'apporte pas les revenus nécessaires, il faut les punir ! La prison ce serait trop mais les activités d'intérêt général c'est bien... ben oui, autant qu'ils se rendent utiles ces rebuts de la société ! 




Voilà l'idée que l'on vous met en tête : les chômeurs, les sans-ressources, sont des menteurs et des voleurs. Ils doivent donc être punis.
Sur le fond, proposer un revenu supplémentaire en offrant du travail à ceux qui n'en ont pas, c'est bien... Mais ! N'est-ce pas ça l'origine du problème !? Que ces personnes n'ont pas de travail ? Ou un travail trop mal payé ? Ils ne trouvent pas de travail alors ils se trouvent dans l'obligation d'un faire un qui porte le même nom qu'une peine alternative à la prison ! 
Ne vous trompez pas les termes "obligatoire", "obligation", "conditionner"... ne sont pas choisis au hasard. Il sont choisis pour faire croire à la responsabilité des chômeurs de leur situation. Ils sont aussi utilisés pour monter la force de ces personnalités politiques : "Moi fort ! Moi ordonne toi !" on se retrouve dans la situation de la domination dont je parle souvent à propos du cheval. Dominer pour rassurer, être un bon leader et apporter le confort ou dominer par la peur de la sanction .... Subtile mélange, ce sont des maîtres.


Il est évident que tout cette histoire de mauvaise volonté, et surtout de culpabilité est fausse dans une très large mesure. Les chômeurs ne le sont pas par choix, ils le sont par manque d'emploi. Il y a bien sûr quelques profiteurs, il y en a toujours. Mais d'une part, ils seraient très certainement moins nombreux s'il n'y avait autant de découragement, si les situations de travail n'étaient pas aussi souvent désastreuses. D'autre part, y-a-t-il vraiment autant de fraudeur que ça ? Certainement que non ! En revanche, il y a un sérieux manque de moyen ; faut-il vraiment en utiliser d'avantage contre des éventuelles fraudes ? La lutte contre cette fraude coûterais probablement plus cher que la fraude elle même ...


Pourquoi tout cela ?
C'est un détournement de l'attention en quelque sorte, une manière de noyer le poisson : ils sont incapables en maintenant le système actuel de fournir des solutions viables. La seule solution possible, financièrement parlant, est de laisser tomber ceux qui sont dans le besoin. Mais ils ne peuvent pas en faire des victimes : ils ont besoin du soutien d'au moins une partie de la population ! Ils en font donc des boucs émissaires. 
Pour comprendre voici un exemple concret d'une situation similaire : Nicolas casse le vase. Il va demander le balais à maman en expliquant qu'il veut réparer les bêtises d'Arthur. Arthur se fait gronder et doit faire le ménage ...


Non seulement ils n'ont pas de solution viable, mais en plus je suis convaincue qu'ils n'en veulent pas. (Laisser les sans ressources dans la misère ne saurait être reconnue comme solution viable, n'en déplaise aux égoïstes). Ils n'en veulent pas parce que eux vivent très bien de la situation actuelle. La menace du chômage, qui devient pire si elle est associée de répression, permet aux grandes entreprises, d'imposer leurs conditions aux travailleurs et d'en tirer ainsi encore plus de bénéfices. 
Les chômeurs constituent une masse d'employés de réserve et rend les employés facilement interchangeables, donc jetables.


Sont-ils si forts ? Vont-ils réussir à vous convaincre qu'il faut punir les victimes ?
Et tant que j'y suis il n'y a pas suffisamment d'emploi, mais il y a du travail. Le travail, comme d'autre chose, devrait pouvoir se partager non ?



lundi 16 avril 2012

Une journée au lycée agricole (quatrième partie : Swan)

Je retourne dans la carrière avec un cheval du centre : Swan.
Swan est un petit cheval, taillé en poney : encolure courte et épaisse, plutôt bréviligne, articulations épaisses, bref, un petit équidé taillé en force, juste ce que je voulais pour étayer mes propos lorsque je travaillais avec Cobalt.
Swan a tendance à bousculer, tirer en main. 
Petit plus, quand il s'est débarrassé de son deux pattes, aussi bien à pied qu'à cheval il va tenter de le taper. Prise par le micro et la position inconfortable d'être debout au milieu de la carrière, j'oublie une question de première importance : quand il tape, il touche ou pas ? J'y reviendrais...


Je commence la séance par l'indispensable contact mano-nasal, et je passe la main sur tout le corps : Swan ne présente pas de contraction particulière, il a bon oeil et est confiant en main : un bon petit cheval sûr de lui... Ce peut être à la base du problème. Durant toutes les manipulations je garde une longe assez courte pour garder le contrôle de la tête et ainsi pouvoir détourner les postérieurs si il lui prenait l'envie de botter, mais sans le coincer. Il a aussi l'interdiction totale de bouger les pieds, il doit rester complètement focalisé sur moi.
Le premier contact vise à lui dire que je suis pacifique en premier lieu, et en second que j'entends ne pas me laisser marcher sur les pieds. Equilibre parfois délicat...


Je ne vais pas entrer dans les détails du travail car il est le même que pour Cobalt. 


Swan obéit plutôt bien, et comprend vite même sur une pression légère, mais il faut rester très vigilent. Swan a l'habitude de vivre sa vie sans se soucier du deux pattes, et cherche les appuis pour pouvoir utiliser sa force.


Le jeune homme que je fais travailler avec le cheval est tendu et prend d'entrée un contact assez rigide, peut-être prêt à utiliser de la force ce qui se retournerait contre lui, donnant un appui au cheval. 
Avec tous les chevaux, mais particulièrement avec ceux qui cherchent la faille, il faut rester vigilent, mais aussi très détendu : la tension, le stress se communiquent très facilement : si il vous sent stressé, il comprend que vous n'êtes pas sûr et ne vous considèrera pas comme un meneur valable.


La posture est aussi quelque chose de primordial, elle donne au cheval des indications simples sur ce qu'on attend de lui, n'oubliez pas que c'est le premier mode de communication du cheval.


Durant le travail, j'entends "c'est parce qu'elle le domine" Ben oui, mais attention !
Le mot domination est à prendre avec des pincettes avec le cheval. Je ne suis pas "le patron". J'ai établi un lien de confiance donc il se sent bien près de moi ; je lui ai expliqué que je tiens à mon espace, qu'il ne doit pas me dépasser, m'envahir, alors il me respecte (la domination se trouve ici, et ici seulement). S'il m'obéit c'est parce qu'il est en confiance à mes côtés et parce que cela lui apporte du confort. Par exemple, si je place mes doigts sur son poitrail et si j'appuie, le contact est désagréable, s'il suit leurs indications, la pression cesse : c'est du confort. 
S'il est en confiance à mes côtés, c'est aussi parce que je me place en dominant (équin) : cela signifie que je suis sûre de moi, que je suis moi même confiante. 




La nuance est importante, et j'arrive là à ce que j'ai omis de mentionner sur place. Si l'on cherche la domination pour la domination, on arrive facilement à utiliser la force ou au moins la contrainte, pire la violence. Ce n'est jamais bon, mais j'ai le sentiment que c'est ce qui coince en particulier avec ce cheval. Il a conscience de sa force et est d'un tempérament dominant. Une personne non crédible en tant que dominant qui veut appliquer une domination en force, une domination au sens humain, se voit, en toute logique équine remise à sa place. 
Il est très possible aussi, et là je pense que c'est en particulier lorsqu'il est monté, que la pression d'une contrainte continuelle et souvent mal appliquée le place en situation de stress, ou au minimum est trop fortement inconfortable. Notez que c'est toujours le cas, mais ici ce processus doit être renforcé par le fait que ce cheval est pourvu d'un caractère très fort d'une part, et d'une autre part, et là, je parle d'à cheval, il est probablement assez déséquilibré et on doit user avec lui de fortes aides de jambes et de mains. Quand la pression devient trop importante, il explose et étant donné sa puissance, jette ses cavaliers.
Le coup de pied donné ensuite à une importante signification : je ne pense pas que ce soit une ruade de fuite (certains chevaux ont peur quand leur cavalier tombe) cela ne correspond pas à son tempérament. Soit c'est un coup de cul libérateur, de joie, soit il y a une réelle volonté d'agression. Une attaque des postérieurs est un geste de défense (contrairement à un cheval qui charge) défense à une agression, à une invasion. C'est une forme de défense agressive. Autrement dit, il considère le cavalier comme son ennemi et le traite en conséquence : il répond à une agression préalable (aides trop fortes). Ce n'est qu'une supposition en ce qui concerne Swan puisque je ne l'ai pas vu au travail, ni ruer d'ailleurs.


En fait, j'ai tendance à croire que ce cheval est pris à l'envers, et il ne faut pas oublier avec lui la première règle à suivre avec les chevaux que pour bien travailler avec eux, il faut les aimer. Cela a été exprimé d'une excellente manière par Mme De Padirac à mon compagnon : "La première chose est de s'en faire un copain !"
Je n'ai eu aucune difficulté à manipuler ce cheval, mais pendant toute notre relation, je n'ai cessé de le caresser, de l'approuver dès qu'il faisait bien, de le respecter. Cela ne m'a pas empêcher de le sanctionner si besoin.


Aimez les chevaux avec lesquels vous travaillez !
"Faites du cheval un compagnon et non un esclave, vous verrez quel ami extraordinaire il est." Nuno Oliveira
"On a tendance, de nos jours, à oublier que l'équitation est un art. Or l'art n'existe pas sans amour.
L'art, c'est la sublimation de la technique par l'amour." Nuno Oliveira