mardi 16 mai 2017

Mat, cheval dangereux, agressivité

Dès le moment où l'on a essayé Mat, on a su qu'il est collant, très rapidement il s'est avéré qu'en plus il est chaud, et même qu'il peut être ambiguë avec les hommes. Forcément, cela devait très vite évoluer en problèmes importants.
Il est toujours agréable, lorsqu'on arrive au pré, que notre cheval nous accueille joyeusement, vienne nous voir et nous manifester son amitié. En revanche, quand il commence à faire les poches de manière invasive, voire à nous pousser, il est normal de le dégager, ce que nous faisions, d'autant plus qu'il avait tendance à se faire menaçant en constatant qu'on ne lui donnait rien ! De même, envoyer une calotte a un cheval qui mord est légitime, (même si c'est rarement efficace). Mais Monsieur n'était pas d'accord avec ce principe, n'était certainement pas habitué à ce que l'on ose lui dire non ! Très rapidement il s'est rebiffé.
J'ai expliqué qu'il ne savait pas reculer, bien sûr, il ne savait pas non plus se pousser. 

Se faire imposant, autoritaire, voire "prédateur" auprès de la majorité des chevaux fonctionne bien quand il s'agit de les faire dégager, mais avec certains rares chevaux, ça ne fonctionne pas : ce sont des chevaux durs, on pourrait dire "dominants" même si le terme n'est pas vraiment approprié. Souvent, ces chevaux causent des problèmes et de nombreux dresseurs essayent de les briser (sans forcément s'en rendre compte d'ailleurs), essayent de leur monter "qui est le patron" comme on dit... Ça marche rarement, ou juste un temps, ça leur apprend surtout ... ce qu'est l'homme !

Je ne pense pas que ce soit ce qui se s'est passé avec Mat, je pense qu'on lui a surtout cédé tout ces caprices, en tentant de temps à autre de sévir, sans véritable succès. En tout cas, à Mat on ne la fait pas ! Il sait qu'il est plus grand et plus fort que nous ! C'en est venu au point où il valait mieux se promener dans le pré avec une chambrière ou une gaule !

Par deux fois au minimum, au moins une fois chacun, il a essayé de nous charger ! Enfin essayé... Il nous a chargé. Bon, il s'est fait recevoir et très vite on n'en a plus parlé. Concrètement, quand un cheval menace ainsi, on a deux solutions : si on peut très vite passer en sécurité derrière un fil ou un mur pourquoi pas, ce n'est pas une solution à long terme, mais au moins on est encore en vie pour résoudre le problème ! La deuxième solution consiste à prendre les devant et le charger à son tour, il vaut mieux être armé quand même (sans chambrière Kepler aurait  pu me tuer) et aussi savoir ce que l'on fait. On chasse le cheval et on lui cours un peu après histoire que ça rentre bien profond dans sa tête et généralement, il ne recommencera pas !  On voit dans certains films le cheval agressif qui charge le Merveilleux Grand Chuchoteur, qui lui claque des dents au ras du nez... tandis que l'homme stoïque, reste sans bouger.... Euh ...! Alors, théoriquement ça peut marcher, les chevaux font plus souvent de l’esbroufe qu'autre chose, mais enfin, si on perd le pari, qui le gagne ?

On s'est longtemps demandé où ça avait cloché ? Mat s'était présenté comme un cheval pénible, mais pas "méchant", ou était-il dans un bon jour ? Là où il était, il était au pré avec suffisamment de fourrage. Chez nous il a eu tout ce dont un cheval est sensé avoir besoin : de l'espace, des compagnons, des fourrages à volonté, des soins quotidiens ... Alors quoi ?
Il est possible que c'était en fait tout cela : il arrive que des chevaux qui sont placés dans un environnement plus propice deviennent désagréables. Ils semblent se libérer d'un certain mal être et explorent les nouvelles limites. Parfois, ils me donnent aussi l'impression d'être enfin écoutés, alors ils "racontent" à leur manière... 
Surtout, on a réalisé plus tard que si Mat, pour un cheval désocialisé, ne se montrait pas dangereux avec Lune et Joguette, leur fréquentation quasi permanente devait lui procurer un gros stress et peut-être même une forme de fatigue. On s'en est rendu compte de la façon suivante :
Si en règle générale, Mat se comporte bien avec les filles, il arrive qu'il devienne tellement insupportable qu'elles finissent par en avoir peur. Pour préserver le confort des deux juments et éviter des accidents, lorsque Mat commence à trop asticoter Lune, on les sépare pour 24 à 48 heures. (Ils peuvent toujours se voir bien sûr.) Cela permet à Lune de se reposer, mais curieusement Mat se détend aussi et se montre par la suite beaucoup plus cool (après avoir chargé Lune au moins une fois quand même). N'allez surtout pas croire que la séparation agit comme une punition pour Mat, il est rigoureusement impossible qu'il fasse le lien entre son mauvais comportement et son isolement.

Une fois cette histoire de cheval qui charge réglée, il restait quand même un problème de taille : il ne nous chargeait plus mais il nous embêtait. Il venait poser son nez partout, faisait mine de mordre pour jouer à éviter les calottes, chassait Lune quand on voulait s'occuper d'elle, venait vers nous en agitant la tête et faisant mine de se cabrer (ce qui peut lui arriver d'ailleurs) etc... Ce n'était pas bien méchant, mais agaçant, passablement dangereux, d'autant qu'on ne le connaissait pas encore assez pour lui faire confiance. Sébastien s'est pris quelques bleus aussi !
En règle générale, avec un cheval qui envahit, on le chasse un peu, on lui demande de se pousser et voilà ; avec un cheval qui farfouille, on lève négligemment le coude ou peu importe pour évacuer la gêne... Avec Mat, rien ne marchait, à part le chasser très vigoureusement. Mais le remède n'était pas efficace puisqu'il fallait le réutiliser sans cesse. De plus Mat, sans pouvoir s'arrêter de nous envahir commençait à prendre peur. Le comportement tenait donc plus de la pathologie qu'autre chose à se stade. L'explication de l'installation du trouble se trouve certainement comme je le dis plus haut, dans le changement de vie qui bien que progressif l'a tout de même perturbé. Peut être aussi d'un excès d’énergie bien qu'il travaillait tous les jours.

La solution fut alors la suivante : il fallait laisser le temps au cheval d'être rééduqué, par l'apprentissage des bonnes bases, et pour commencer, lui expliquer gentiment que la règle première est de s'écarter quand 2-pattes le demande. Et puis, nous souhaitions pouvoir être tranquilles dans le pré ! Dès qu'on arrivait, il nous "sautait" dessus, chassait Lune etc... Tout de suite, sans bonjour ni rien, on lui enfilait licol ou caveçon, la carrière étant trop grande et Mat trop terrible pour un travail en liberté efficace, et on le mettait au travail.
Beaucoup sont adeptes du join-up, ou de ses variantes, qui consiste à faire courir en liberté, dans un rond, un cheval jusqu'à ce qu'il "cède". Ce n'est pas une technique que j'aime particulièrement utiliser car elle est punitive d'office. Mal menée, poussée à l’excès, elle peut conduire à un phénomène nommé "résignation acquise" qui consiste en une forme de suicide du cerveau qui permet à la proie d'accepter la mort venue du prédateur. Toujours mal menée, mais en douceur c'est simplement un travail plus ou moins bon ou mauvais. Mat, de par son comportement, était tout disposé à subir une forme un peu agressive de ce principe. Il y a donc eu droit, mais il a aussi eu droit à des formes de travail plus classique, qui dans le fond on un effet similaire : détendre le cheval par le mouvement, l'inciter, voire l'obliger à se mouvoir à notre demande. Systématiquement, lorsque nous arrivions au pré, il se comportait mal et avait droit à une séance énergique de longe. Cela a permit de bien lisser les choses et surtout de donner l'occasion de ne plus punir et de récompenser, de tisser des liens plus sains. Avec un cheval posant des problèmes récurrents, c'est toujours ce vers quoi il faut tendre. Avec le temps, le comportement de Mat c'est suffisamment amélioré pour que cela ne soit plus nécessaire.
(à suivre)

dimanche 14 mai 2017

Travailler la relation homme-cheval, communiquer

I communiquer

Qu'est-ce que la communication

La communication est un échange d'informations. Elle nécessite un émetteur : celui qui transmet le message, et un ou plusieurs récepteurs : celui ou ceux qui reçoivent le message.

Elle peut être consciente ou inconsciente, volontaire ou non. Par exemple, si je baille, je transmets que je suis fatiguée : c'est conscient : je sais que je baille, mais c'est involontaire (je ne peux pas m'en empêcher). Si je fronce les sourcils : je peux le faire volontairement et consciemment : je veux clairement faire comprendre que je ne suis pas contente, mais je peux tout aussi bien le faire de manière involontaire et même inconsciente : je ne me rend pas compte que mes sourcils sont froncés. Pourtant, mon interlocuteur le perçoit, et va éventuellement réagir en fonction.
Le récepteur, de manière consciente ou inconsciente, lui aussi, va percevoir le message. Cette perception va dépendre de ses sens, en premier lieu. Ensuite, le message perçu va être interprété. Cette interprétation va dépendre de nombreux éléments : de la nature du récepteur (animal ou humain ?), du contexte (si je parle de "table" en cours de math, il s'agit d'une table de multiplication probablement, alors qu'à l'heure du repas, il y a plus de chances qu'il s'agisse de la table pour manger), de l'état d'esprit du récepteur (apeuré, de mauvaise humeur, calme ... ?)

"Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous voulez entendre, ce que vous entendez, ce que vous croyez en comprendre, ce que vous voulez comprendre, et ce que vous comprenez, il y a au moins neuf possibilités de ne pas se comprendre."  B. WERBER


Communiquer avec le cheval

La communication avec un cheval se fait à deux niveaux : il est capable de comprendre et d’apprendre la signification des messages que nous lui envoyons volontairement, comme des ordres vocaux mais, il sait, aussi, décrypter notre langage corporel, que ce soit parce qu'il est comparable sur certains points à celui d'un congénère ou parce qu'il en a appris la signification. Certains pensent aussi qu'il peut réagir à notre odeur, en particulier aux phéromones que l'on dégagerait... (rien n'est prouvé à ce propos, pas même que nous dégageons des phéromones). L'acuité visuelle du cheval est inférieure à la notre, c'est à dire que pour voir les mêmes détails que nous, il doit être deux fois plus près. En outre, il ne disposerait que d'une mince bande panoramique où son acuité serait bonne
(Harman), la vision périphérique étant brumeuse mais avec une excellente perception des mouvements (Ehrenhofer). Même si le cheval est (d'après Stone) capable de reconnaître des visages humain, il est très probable que le cheval soit plus attentif, voire ne perçoive essentiellement que la forme globale de notre corps. Par exemple, si nous écartons les bras, nous lui paraissons beaucoup plus imposant que si nous avons les bras le long du corps (Cela fait référence à la notion de bulle). Il perçoit aussi la fluidité de nos mouvements : des gestes amples et souples sont signes de tranquillité et de calme par opposition aux mouvements saccadés preuve de tension. 
Les premières communication entre un cheval et un homme se font sur le plan postural : le cheval perçoit le comportement de l’homme et réagit en fonction 
J-C Barrey dit que le cheval peut nous percevoir comme un danger, un élément neutre ou comme un équivalent congénère (attention, il "sait" que nous ne sommes pas un cheval !). 

L'élément neutre
 Le cheval peut se permettre d’ignorer un élément neutre : il ne mérite ni respect ni méfiance. On peut le bousculer, il n’est pas vraiment là. 

Le prédateur 
L'individu dangereux est à fuir. Il pourra être jugé comme tel s’il est bruyant, a des gestes brusques ou au contraire se tapit en fixant son objectif, avance en ligne droite. Le prédateur a le regard perçant et direct, capable de se fixer sur un point précis, contrairement au cheval qui a un regard englobant un l’ensemble de l’environnement. Un personnage dangereux mettra de la pression sur le cheval : il continuera à bouger, à le suivre, à exiger, tant qu’il n’aura pas obtenu ce qu’il veut. On n’évitera donc de mettre une telle pression dans notre relation avec les chevaux.

L'équivalent cheval
Suivant le point de vue de Barrey, nous voudrions être perçu comme un "équivalent cheval". Un des moyens serait alors, comme je l'ai mentionné plus haut, de reprendre à notre compte des postures globales imitant celles des chevaux (autant que possible : tenter de prendre des postures de 4-pattes avec seulement deux n'est pas simple ! :-p ). Si nous voulons passer pour un "équivalent cheval" il convient alors que nous ayons à la fois un statut de dominant, histoire de ne pas se faire bousculer, et un statut de leader, afin que le cheval aie envie de nous suivre. Pour le premier point, il s'agit d'apprendre au cheval qu'il doit nous céder le passage en cas de besoin (donc demander au cheval de se pousser plutôt que de le contourner, en fonction toutes fois du cheval lui-même et des circonstances) lui apprendre qu'il doit s'écarter à la demande (des exercices existent) et à ne pas nous envahir. En ce qui concerne le deuxième point, une relation de confiance s'impose et en partie prendre garde à ne pas systématiquement l'emmener dans des endroits peu voir pas intéressant (la carrière, l'extérieur loin des copains, un pré tout sec ...) mais aussi dans des endroits équinnement valable (là où il y a à manger en général ). Un rapport humain-cheval, qui est rarement mentionné, est aussi celui de l'amitié

Le symbiote
Heini Heidiger propose que les animaux puissent nous percevoir comme un symbiote. Les symbiotes sont des animaux d'espèces différentes vivant ensemble afin d'en tirer un bénéfice mutuel. Le cheval obtient une relative sécurité, de l'alimentation etc. tandis que l'homme profite de la force du cheval. D'une manière plus profonde, cela signifie que les deux individus coopèrent. Si cela n'a pas précisément été étudié en ce qui concerne les chevaux, l'idée me semble particulièrement intéressante et juste. 

Trajectoires, postures, gestuelles. 
Pour entrer réellement en contact avec un cheval et donc communiquer avec lui, il est profitable d'utiliser des fonctionnement s'inspirant de ceux des chevaux : notre trajectoire d'approche (plus ou moins directe), le contact mano-nasal (qui remplace le contact naso-nasal)... Bien sûr nous n’en somme pas et il est vain de croire que le cheval puisse nous prendre pour un véritable congénère, mais certaines choses peuvent se passer plus simplement quand nous essayons d’imiter ses attitudes. En revanche, le cheval habitué à l'homme ne se formalise que rarement qu'on s'adresse à lui de manière moins protocolaire.

En premier lieu, et quoi que l’on veuille faire avec un cheval, il convient de rester calme, patient et tolérant. Chaque communication est un dialogue : il faut interpréter les réactions du cheval afin d’adapter nos demandes ainsi que notre attitude. Il ne faut pas oublier que si nous apprenons à communiquer avec le cheval, le cheval apprend à communiquer avec nous et il ressent et interprète tout. C’est ainsi que nous lui transmettons des choses que l’on aimerais parfois garder pour nous (peur, nervosité…). On envoie au cheval des informations parasites.
Nos gestes doivent être dépourvu d’agressivité (à part dans le cas extrême où nous devons écarter un cheval qui nous néglige de manière dangereuse ou nous agresse). La voix doit être calme et posée. La gestuelle doit être habilement associée à la voix afin d’assurer la clarté du message. La communication par contact est aussi très importante, elle rassure le cheval, le guide dans certains déplacements (quand nous lui demandons de tourner ou pour descendre d’un van) et surtout nous permet de lui communiquer notre affection.

Dès le moment d'approcher un cheval, nous sommes déjà dans une situation de communication. Le message que nous devons lui faire parvenir est « je suis amical(e), puis-je approcher s’il te plait ! » (La réponse devant bien sûr être oui ! Un travail particulier pouvant être nécessaire pour cela.)
Il faut prendre cela comme un dialogue et donc observer les signaux qu’il nous envoie, au fur et à mesure que nous avançons, afin de modifier, d'adapter notre attitude.
Tant que le cheval nous ignore ou reste serein, nous pouvons continuer notre approche.
Si le cheval manifeste de la crainte, nous devons diminuer la pression, c'est-à-dire ralentir, s’arrêter, éventuellement reculer (attention le reculer permet de réduire la pression et éventuellement d'aspirer le cheval. Néanmoins, il peut aussi laisser croire au cheval qu'il fait bouger l'homme et peut le conduire à manifester un comportement de menace, voire d'agressivité.) ;
Si le cheval menace, il convient de la chasser (taper du pieds, jeter les bras en avant, avancer volontairement...). Attention, ce genre de chevaux ne doit être approchés que par ceux qui les connaissent bien. En premier lieu, un tel cheval peut être dangereux, et des accidents, même mortels peuvent survenir ! Parfois, il peuvent réagir à notre volonté de les chasser par une attaque réelle. En second lieu, ces chevaux sont parfois des chevaux qui ont peur de l'homme et si il faut leur imposer des limites, il faut aussi les rassurer. Il n'est pas dans les cordes de tout un chacun de parvenir à cela.
Le cheval peut aussi, tout simplement ne pas avoir envie de la compagnie de l'homme. C'est en général le cas d'un cheval dont on aurait abusé et qui, s'il ne craint pas l'homme, ne lui fait pas vraiment confiance (par exemple certains chevaux de club). Ces chevaux demandent une approche subtile qui peut nécessiter l'expérience d'une personne avertie, et une rééducation.

Nous devons nous rapprocher calmement, mais franchement, une hésitation fera croire au cheval qu’il se passe quelque chose d’inquiétant.
Dans l'idée que nous souhaitons que le cheval nous perçoive comme "valant un congénère," il peut être intéressant d’emprunter les chemins tracés, de toutes façons, il est habituellement plus facile d'y marcher.

A partir de 10 à 5 mètres, si le cheval semble continuer de nous ignorer, il vaut mieux l'appeler pour l'avertir de notre présence. En toute logique, le cheval nous à déjà perçut depuis un bon moment, mais il est préférable de ne pas risquer de le surprendre.
A l’abord du cheval (entre 5 et 1,5m environ) il est important de contourner la bulle du cheval en se positionnant parallèlement à lui afin de l’aborder par l’avant et le côté, plus ou moins au niveau de l'épaule. Selon le cheval, on pourra établir le contact mano-nasal. Il est important d’avoir des gestes calmes, mais sûr. Toute notre attitude doit prouver au cheval que nous savons ce que nous faisons, que nous sommes inoffensifs pourvu qu’il ne manifeste aucune agressivité. Nous devons donc être relâchés physiquement, les épaules basses. Nos mouvements doivent être calmes, précis et arrondis, jamais directs, sans quoi ils seraient menaçants. Caresser un cheval est une manière de lui communiquer l’amitié que nous lui portons, de le convaincre que notre présence lui apporte du confort.
Précisons : caresser un cheval ne signifie pas de lui mettre des grandes claques sur l'encolure ! Il est faux de croire que les chevaux apprécient cela ! Les caresses doivent se faire, selon la sensibilité du cheval, doucement, comme pour caresser un chat, sous forme de massages, ou de gratouilles. Si l'on doit mettre un licol au cheval, on évitera de lui coincer les naseaux ou les oreilles, de faire claquer la têtière sur l'encolure ou toute autre chose désagréable !

 

La voix.
Les chevaux communiquent assez peu vocalement, mais comme c’est le premier moyen humain, nous en usons habilement. Avant de comprendre les mots, le cheval comprend les intonations.
Parler ou chantonner d’une voix grave et basse calme le cheval et peut inciter certains timides à approcher. Au contraire, un cri aigu peut aider à repousser un cheval dont la conduite est inconvenante. Cela est très efficace avec les poulains mordilleurs : ils s’écartent sans être vraiment effrayés. En fait ces tonalités reprennent les vocalisations naturelles des chevaux.
Un bonjour gai, en arrivant au pré ou aux écuries, est souvent parfaitement compris des chevaux qui parfois y répondent.
Quand le cheval est éduqué, il peut reconnaître des mots que nous utilisons fréquemment. Il s’aide de notre intonation et de notre posture pour comprendre ce que nous voulons et apprend ainsi le « sens » du mot, c'est-à-dire le comportement qu'il doit adopter en réponse.

 

Demander au cheval. 
Dans notre relation au cheval, nous sommes souvent amener à l’inciter à faire quelque chose. Nous lui demandons de se pousser, de ne pas bouger, de nous suivre… Nous avons plusieurs outils à notre disposition : l’attitude (gestes et posture), la voix, et le toucher.
L’homme de cheval doit apprendre les gestes auxquels le cheval réagit, les moduler et les contrôler. Les messages que nous lui envoyons doivent être clairs : nous devons être précis, cohérents et rigoureux, chaque demande devrait aboutir au même résultat. Par exemple si nous utilisons « oh » pour arrêter le cheval, nous ne devons pas l’utiliser aussi pour ralentir, et ne récompenser que lors de son obtention, sinon cela entraînerait la confusion et ce que beaucoup prendraient pour de la désobéissance. De même, nous éviterons les ordres contradictoires, comme dans le cas classique du cavalier débutant tambourinant des jambes en tirant sur les rênes. Néanmoins, un cheval dressé, très coopératif parvient bien souvent à comprendre le deux-pattes malgré ses incohérences.

La posture peut nous aider à nous faire comprendre : le cheval agit beaucoup par imitation, si en même temps que nous demandons le galop, notre corps prend l’attitude du mouvement, à pied ou à cheval, le cheval comprend mieux notre demande.  On peut parler ici "d'homéostasie" qui est une sorte de transmission du mouvement et de l'intention de mouvement. Cela demande le plus souvent
une connexion très  forte entre l'homme et le cheval et est généralement plus efficace à cheval que à terre : parfois, il suffit de penser que l'on va tourner à gauche, pour que déjà, le cheval commence à le faire.

On ne demandera à un cheval que ce qu’il est en mesure de faire.

Quelques mots sur l'obéissance

Le cheval est un animal de groupe, il suit le troupeau, s'écarte, voire se sauve devant un dominant, mais il n'obéit pas : à part "dégage !" on ne donne pas d'ordre chez les chevaux. Tout au plus, lors du guidage par l'arrière de l'étalon, ce dernier incite la jument à prendre telle ou telle direction et celle ci obtempère, ou pas, selon son bon désir. 
L'homme pense souvent que pour que son cheval lui obéisse, il faut qu'il lui soit soumis, que l'homme doit être dominant. C'est faux ! devenir un équivalent-dominant du cheval, permet de se garder en sécurité d'une part, et d'autre part peut permettre de lui inspirer confiance si cette pseudo-dominance n'est pas acquise dans la brutalité. On note que cette confiance est néanmoins un premier vers l'obéissance.
L'homme pense aussi qu'il doit être le leader du cheval pour que celui-ci fasse ses quatre volontés. C'est mignon, mais assez souvent le leader, celui qui a les bonnes idées, se fait piquer sa touffe d'herbe, autrement dit, il se fait virer, ce qui n'est pas ce que l'on souhaite !
Alors on va dire qu'il faut être un composé des deux : un dominant-leader. Ce n'est pas faux, mais ce n'est pas tout à fait complet pour la simple et bonne raison que l'homme n'étant pas un cheval, il ne peut être que quelque chose qui ne s'approche que très vaguement d'un leader ou d'un dominant et, encore une fois, que de toutes façons il n'y a pas de donneurs d'ordre chez les chevaux. Néanmoins, cela est un bon début.
Dans la nature du cheval, il y a aussi un instinct de coopération et une volonté de confort. C'est son instinct de coopération qui permet sa recherche des comportements satisfaisants nos demandes, ainsi qu'une recherche d'un certain confort (compagnie, cession des aides et donc de la tension, friandise ...). Ainsi, la désobéissance n'est le plus souvent qu'un manque de compréhension, la connaissance du fait que la récompense, c'est-à-dire le confort ne viendra pas (pas de cession des aides par exemple, demande trop prolongée...) ou la connaissance que l'effort demandé lui est désagréable voire impossible ... L'obéissance est donc aussi une affaire d'apprentissage.

dimanche 7 mai 2017

Mat, cheval chaud 2ème partie

J'expliquais que Mat, Matcho de son vrai nom, tend à avoir un comportement d'entier.
L'ennui, c'est que Mat a un comportement d'entier vis à vis de nous aussi : il nous papouille, mordille, et ce comportement n'est pas dénué d'une certaine sexualité car cela peut s'accompagner d'une érection. Il ira jusqu'à nous pousser des épaules et des hanches comme le font les entiers entre eux au cours de leurs affrontements (jeux ou pas) lorsqu'il "décide" d'être désagréable.
Son comportement pousse à s'interroger sur son passé : l'intérêt qu'il porte à l'être humain n'est absolument pas normal.

Les troubles de la sexualité chez le cheval seraient liés à un soucis de maternage, d’imprégnation, et peut-être d'éducation.

 Troubles de la sexualité chez le cheval et maternage 

Par trouble du maternage, j'entends que la mère du poulain, ici la mère de Mat, n'a pas assuré son rôle (décès, refus du poulain...) et que le poulain ait été biberonné et élevé par l'homme. On rejoint alors le sujet de l’imprégnation.

 Troubles de la sexualités chez le cheval et imprégnation 

L'imprégnation est un sujet qui fut (et qui est) fort important en éthologie. On ne peut pas parler d'imprégnation sans parler de Lorenz et de ses oies et autres oiseux nidifuges : à leur sortie de l’œuf, ce type d'oiseaux est programmé - génétiquement, on est au niveau de l'instinct pur - pour suivre tout individu de forme et de taille suffisante.
L'imprégnation à pour effet que la mère et le ou les petits puissent se reconnaître, mais aussi d'orienter les préférences sexuelles. Par exemple, des travaux réalisés sur des tourterelles montrent que si l'on place un œuf d'une espèce A dans le nid d'une espèce B (on dit que c'est un mâle) alors un ce mâle A(B) ne courtisera que des femelles B. De plus, il sera rejeté par toutes ces femelles B, sauf si il tombe sur une femelle B élevée par un couple A (femelle B(A)).
L'imprégnation se produit selon une fenêtre temporelle bien précise, qui suit les premières heures après la naissance. Ainsi, un cheval ayant été biberonné et materné par l'homme pourrait s'orienter sexuellement vers l'homme. Heureusement, le cheval est un animal plus complexe et les comportements instinctifs sont complétés, améliorés, ancrés et pourquoi pas réorientés par l'apprentissage et un poulain qui aurait été biberonné garde la possibilité de développer un comportement normal si des précautions sont prises par ailleurs, et en particulier si on a pris soin de le faire grandir au milieu d'autres chevaux.
La méthode Miller a fait - en particulier dans les années 1990 - beaucoup d'émules. Il s'appuie sur l'attachement lié à l'imprégnation. Miller part du principe qu'un cheval manipulé dans les heures qui suivent la naissance ainsi que les jours suivants ne craindra pas l'homme et sera par la suite plus facile à manipuler. Tout de même soucieux du lien avec la mère, Miller manipule le poulain en présence de celle-ci, avec son accord en quelque sorte. Cela est assez logique, mais c'est sans considérer certaines facettes : la manipulation en elle même est une violence faite au poulain, qui est littéralement prisonnier et tripoté jusqu'à rédition complète, et l'on peut s'interroger sur les effets au niveau du développement cérébral du poulain. En effet on sait qu'un stress intense (et stress intense il y a) a des effets négatifs sur le développement cognitif (en très gros, l'intelligence). J-C Barrey aurait relevé chez certains de ces chevaux des troubles du comportement important : trouble du maternage ou de la sexualité, comportements envahissants qui pousseraient le cheval à tester sans cesse les limites... Les éthologues (les vrais, les chercheurs), s'ils n'ont pas nécessairement tous trouvé des effets négatifs, n'ont pas non plus trouvé d'effets positifs à long termes. De plus, ils ont montré que d'autres méthodes d'apprivoisement du poulain sont préférables.
Je dois dire qu'on reconnait quand même bien Mat dans le profil proposé par J-C Barrey !

 Les relations hommes - cheval : jouer avec un poulain 

De nombreuses personnes adoptent un poulain pour s'en faire un "copain". Lorsque celui-ci est jeune, ils jouent avec lui, se faisant courser, laissant le petit se cabrer, mordiller et même jouent à faire passer les antérieurs sur leurs épaules. Lorsque un jeune joue ainsi dans un groupe, tout débordement est sanctionné sévèrement, ce que l'homme n'est pas apte à faire, surtout s'il ne se rend pas compte que le poulain est en train d'outrepasser les limites. Ces jeux ont pour effet de préparer le futur cheval à exprimer un comportement hiérarchique d'une part, un comportement social correct, mais aussi les règles de la sexualité. On peut alors se demander dans quelle mesure ce type de jeu ne favoriserait pas une déviance comportementale, d'autant plus si le poulain ne grandi pas avec ses semblables.



Quelles que soient les raisons qui poussent Mat à se comporter ainsi, on ne peut, ou plutôt on ne pouvait car cela va heureusement mieux, évidemment pas le laisser faire !
... A suivre

vendredi 21 avril 2017

Mat est collant

Mat est collant, une glu... C'est bien simple, il met son nez partout



















 ... absolument partout.







La référence première de Mat est l'homme.
Lors des premiers jours où l'on a mis Lune et Mat ensemble, Mat est revenu vers nous très souvent, et en particulier dès que Lune refusait ses avances



Cet attachement à l'homme peut sembler une bonne chose, on recherche souvent des chevaux centrés sur l'humain : confiance, facilités d'apprentissage, affection... Et il est vrai que Mat apprend vite, parfois même un peu trop :-/ ... sur la vidéo, on voit Mat qui attrape les jeunes pousses avec mon aide, il a suffit que je m'amuse une fois à l'aider ainsi pour qu'il me le "redemande" par la suite.
De fait, Mat à tendance à solliciter l'homme pour résoudre des difficultés au lieu de chercher par lui même une solution. Solliciter l'homme ou compter sur Lune, ce qui l'encourage à la bousculer.
Par exemple, j'aime bien distribuer des pommes et des carottes en mode "répartition alimentaire" c'est-à-dire que je les envoie un peu partout, à la volée. Les chevaux doivent alors les chercher pour les manger. Cela évite, la plupart du temps, les chamaillerie, les occupe, évite aussi de donner à la main, ce qui est rigoureusement interdit avec Mat. Les premiers jours, Mat a eu peur des carottes et continuait de me tourner autour et de tenter de me fouiller dans les mains au lieu d'aller les chercher par terre. Il fallait l'appeler et les lui monter pour qu'il les trouve. Plus tard, il s'est mis à surveiller Lune et lui piquer ses carottes ...


L'attention est capitale dans les apprentissages et l'on sait que pour que l'on puisse apprendre quelque chose à un cheval, il faut que celui-ci soit attentif. Cependant trop d'attention vers l'homme peut aussi nuire à l'apprentissage. Par exemple Mat peut rester bloqué derrière une clôture en attendant qu'on le fasse sortir alors qu'elle est ouverte un peu plus haut.
Mais le problème principal est que Mat est envahissant, continuellement en train de patouiller du nez  de fouiller les mains, tirer les vêtements même... éventuellement de mettre la brouette par terre et j'en passe ! Cela impose de le repousser très souvent, voire de le sanctionner, ce qui n'est agréable pour personne, est énervant et fatigant.

Une solution toute simple consiste à éviter le problème : détourner son attention de nous lorsque nous avons à travailler dans le pré en le mettant dans une parcelle d'herbe (voire l'y enfermant) ou le mettre à l'attache. De nombreux cavaliers rechignent à attacher leurs chevaux, ils n'aiment pas les priver de liberté... Pourtant, cela permet une manipulation supplémentaire, leur apprend à l'être aussi, en cas d'obligation... Et puis, cela a aussi comme bénéfice de leur imposer une contrainte, une limite et d'apprendre à être patient.
Bien sûr, il faut faire cela dans un environnement sécurisé, et ne pas hésiter à utiliser une ficelle afin que le cheval ne se blesse pas s'il tire au renard. On pourrait craindre que cela apprenne justement au cheval à se libérer, car elle casse (donc cède) à chaque fois qu'il se débat un peu fort, mais, et surtout si le cheval est travaillé en main en parallèle, cela va plutôt dans le sens contraire (à condition que le cheval soit systématiquement rattaché dans le calme s'il se libère) : le cheval préfère être tranquille plutôt que se débattre, la loi du moindre effort, de la paix, du champs détendu, lui recommande plutôt d'attendre qu'on le libère.

vendredi 7 avril 2017

Mat est chaud

Le véritable nom de Mat est .... Matcho
Et de fait ... !


Très rapidement après l'arrivée de Mat, Lune tombe en chaleur. C'est normal : c'est un comportement récurrent chez elle, ses chaleurs sont aisément visibles lorsqu'il y a émulation et en particulier lorsque des mâles (même hongres) entre en jeu. Et puis il faut dire que Mat a (en 2015, c'est moins visible aujourd'hui quoi que...) tendance à souffler les juments, c'est à dire à les sentir et même les mordiller comme le ferait un étalon.
Un comportement de cheval entier chez un hongre n'est pas rare et il en est même qui saillissent ! (ici)
En revanche, ce qui est surprenant c'est que Joguette aussi tombe en chaleur ! en 2015, Joe a 35ans (peut-être plus). On me l'a donnée lorsqu'elle avait une 20aine d'année je ne l'ai jamais vu en chaleur, même lorsque je l'avais piquée à la prostaglandine (hormone pour faire venir en chaleur, que l'on utilise aussi pour faire "couler" (avorter) une jument) pour essayer de lui faire faire une petite mule. Donc ma Joe JAMAIS en chaleur ... ? Et ben si !
Je me suis demandé si ce n'était pas une réaction de protection : le fait qu'une jument vienne en chaleur en présence d'un mâle pourrait-il avoir pour effet de réduire une éventuelle agressivité en permettant (facilitant) la saillie ?

Un cheval avec un comportement d'entier dans un groupe de jument n'est pas nécessairement un problème, après tout, on les fait vivre comme des nonnes sinon...

Les jours qui ont suivis l'arrivée de Mat, ce comportement a augmenté les tensions au sein du groupe : Lune, qui commençait à "se faire à l'idée" que Mat puisse approcher Joe, semble revenir là-dessus et la question se pose de savoir si le but est toujours de protéger la ponette, de l'accaparer, ou d'accaparer Mat... : Elle sépare manifestement Joguette de Mat, mais va tout de même présenter ses chaleurs à Mat. En outre, elle se méfie de lui et hésite à intervenir. Lorsqu'elle intervient, elle est davantage dans la fuite que dans l'agression et tente d'entrainer Joguette avec elle (il semble que ce soit ce qu'il se passe à 2min14 de la vidéo).
Lorsqu'elle se décide à amorcer une phase agressive, le but est surtout de dégager Joguette et de fuir avec elle. Si elle menace Mat, elle ne va pas au bout de ses attaques et dégage le terrain au plus vite...



... s'assurant toutes fois qu'il a bien compris le message




Lors de son affrontement avec Kepler, quelques mois plus tard, elle montrera une ardeur au combat, une absence de crainte face à un cheval probablement beaucoup plus dangereux pour elle, qui prouve qu'elle est capable d'être particulièrement efficace. Pourquoi ne s'en prend-elle pas plus vigoureusement à Mat ? Se rend-elle compte que si il est "casse-pied", il ne représente pas un réel danger ? Est-ce sa manière d'établir des limites ? Elle ne tourne pas la hiérarchie "en sa faveur" cependant, car au fur et à mesure, il aura réellement le dessus sur elle. (Il est humain de penser que le "supérieur hiérarchique" a la meilleur place dans un troupeau : c'est celui qui a le premier accès aux ressources, mais l'on peut se demander dans quelle mesure cela ne représente pas une source supplémentaire de stress)









Mat, l'arrivée : les jours suivants


mardi 4 avril 2017

Ces hongres qui agissent comme des entiers

On peut trouver chez certains hongres quelques uns des comportements d'entier. Le plus impressionnant qu'il m'ait été donné de voir était un cheval sur le lieu d'un concours d'obstacle. Il traversait les paddock d'entrainement en hennissant à tout va, piaffant, excité, agité, se cabrant, ruant même je crois... Bref, au plus mal. Qui plus est sec et maigre. Il semble que c'était ce que l'on appelle parfois un cheval "pif" c'est-à-dire un cheval cryptorchide (un testicule est resté dans la paroi abdominale, c'est souvent douloureux, peut être source de tumeur), mal castré. Le plus souvent ces chevaux ne sont pas fertiles car le testicule est atrophié, en revanche ils auraient une forte charge de testostérone, qui associée à une éventuelle douleur explique leur comportement explosif. A cela s'ajoute le fait que comme l'on part du principe que le cheval est hongre, il côtoie hongres ou entiers (rivaux potentiels) et juments sans que l'on prenne de réelles précautions. En présence d'un tel cheval, il est important de le faire voir à un vétérinaire. Le cheval devra à priori subir une opération afin de retirer le testicule. 

Sans aller dans ces débordements, on peut assister à certains comportements, parfois "mignons". Je me souviens d'un poney que l'on mettait toujours au pré avec la même jument qu'il aimait beaucoup (anthropomorphisme ;-) ). Il se plaçait systématiquement entre la jument et la clôture si un autre poney, en particulier un hongre, se trouvait dans le paddock voisin.

Dans la vidéo qui suit, on voit le petit Ernest mener une cour digne d'un gentle-horse. Il a les ganaches fortement développées qui sont des caractéristiques que l'on retrouve souvent chez les entiers. Il est possible que ce poney ait été castré tard, après avoir sailli. Il n'empêche que c'était un très gentil poney, aisément manipulable par des enfants. Sur la vidéo, il fait la cour à la belle Lili, sa fille, à côté est particulièrement intéressée (et en chaleur elle aussi)
On voit ensuite le "vilain" Houston : exécutant ce que l'on appelle parfois le herding ou guidage par l'arrière, il rassemble les juments comme le ferait un étalon. A un moment de la vidéo, on peut voir ma pauvre Lune qui tente de venir me voir. Lune n'est pas une jument collante de l'homme, elle a une grande indépendance (parfois frustrante pour moi, mais en réalité c'est le signe d'un bon équilibre) et recherche peu les caresses. Mais là, elle semble vouloir demander ma protection contre Houston. Ce comportement de la part du hongre était dû au voisinage d'autres chevaux dans le pré voisin, dont Ernest avec qui il s'était battu. (voir ici) Néanmoins, il était excessif et au bout de trois jours, son comportement ne s'était pas modifié : à part pour aller manger ou boire, les juments restaient obligatoirement rassemblées. fait
"amusant", elles semblaient se placer par ordre de préférence de Houston...



Le cheval n'est pas resté avec elles.