vendredi 7 octobre 2011

J'ai toujours fait comme ça !

J'ai toujours fait comme ça !

Voici une phrase que j'ai entendue maintes et maintes fois, avec un certain agacement, voire un agacement certain !
L'évolution, c'est justement ne plus faire des choses que l'on faisait avant, de faire des choses qu'on ne faisait pas, ou simplement de faire différemment, de s'adapter. Sans cela nous vivrions toujours dans des cavernes à prier pour que la nature nous soit clémente !

Attention, tout progrès, toute évolution n'est pas bonne à prendre. Ce n'est pas parce que une méthode est nouvelle qu'il faut nécessairement la suivre. De même, toute tradition n'est pas mauvaise, à jeter. 
Mais enfin, il faut REFLECHIR…

Quel rapport avec le cheval ?
Le cheval est un individu avec lequel il faut tout le temps s'adapter, mais qui s'adapte à presque tout, supporte presque tout.
C'est-à-dire que, en gros, même si vous faites plus ou moins n'importe quoi avec vos chevaux, ils le supporterons, souffriront sans doute, mais s'adapteront et vous n'y verrez que du feu !

Parfois, vous en faites les frais mais bien souvent vous ne le savez pas : bien sûr ! 
C'est la faute du cheval, vous, vous avez toujours fait comme ça ! pis ça a toujours marché !!! 
Ben voyons !!
Et ça peut être ainsi depuis des années ! 

Vous pouvez avoir "toujours fait comme ça" ça n'empêche pas que vous aillez toujours mis vos chevaux en difficulté, que vous les aillez toujours rendus malheureux… 

REFLECHISSEZ !

jeudi 29 septembre 2011

saumur, le Printemps des Ecuyers 2011. Les sauteurs



La section des sauteurs de Saumur m'impressionne beaucoup. Les chevaux sont puissants et développent une grande force. Les chevaux plient fortement les ressorts de leur arrière main, pour les déployer ensuite vivement, avec une souplesse plutôt surprenante pour leur masse.




Le fort engagement des postérieurs sous la masse, la flexion des hanches, permet des figures comme la pirouette,   le terre à terre. Ce dernier air permet de mobiliser les forces afin que le cheval puisse s'élancer dans certains sauts d'écoles.
   





























Le rassembler préalable à la pirouette :




















































Remarque : ce n'est pas du terre-à-terre ici, mais plus souvent un galop très rassemblé, on pourra remarquer que certains chevaux se désunissent. C'est plus facile pour eux, mais un défaut dans l'air. 

Le terre à terre est une allure à deux temps, très énergique et rassemblée. En voici la définition exacte par La Guérinière. (et Newcastle...)
"M. le Duc de Newcastlc a fort bien défini le terre-à-terre, un galop en deux temps qui se fait de deux pistes. Dans cette action le Cheval lève les deux jambes de devant à la fois et les pose à terre de même ; celles de derrière suivent et accompagnent celles de devant ce qui forme une cadence tride et basse qui est comme une fuite de petits sauts fort bas, près de terre, allant toujours en avant et de côté.
Quoique le terre-à-terre soit mis avec raison au nombre des airs bas, parce qu'il est près de terre, c'est pourtant cet air qui sert de fondement à tous les airs relevés, parce que généralement tous les sauts se font en deux temps, comme au terre-à-terre.
"
croupade
La croupade est un air qui ressemble à une ruade, mais le cheval lance ses postérieurs plus haut que pour une ruade "efficace".



Dans la deuxième photo, on peut regretter que le cheval ne soit pas droit ni dans son dos, ni dans ces postérieurs. 


Il y a plusieurs éléments remarquables négatifs ou positifs dans ce petit film : l'énergie des chevaux, mais leur calme ; le cavalier qui s'agite : des mains, il tire un peu, mais il avance aussi très fort ses mains (relever la tête/rééquilibrer - je suppose- céder) ; il pique fort des éperons, ses jambes bougent ; la caresse.


La courbette, le cheval se cabre 
Il ne faut pas la confondre avec la pesade que l'on peut voir chez les portugais et les viennois. Dans la pesade, le cheval élève son avant-main, portant son poids sur les postérieurs qui restent en place. Le cheval ne se tient pas vertical, mais oblique, plus ou moins d'un angle de 40° par rapport au sol. On remarquera que plus la pesade est basse, plus elle est difficile et demande de la force : en effet, moins le cheval se dresse au dessus des postérieurs, plus ceux-ci doivent être avancés sous la masse pour soutenir le poids du cheval qui le tire en avant. Elle est l'expression la plus grande du rassemblé et du report de poids sur les postérieurs. Elle peut se préparer par un piaffer dans lequel le cheval rentre les postérieurs de plus en plus c'est-à-dire qu'il fléchit de plus en plus ses hanches, élève d'autant son avant-main, jusqu'à la soulever du sol, l'arrière-main portant de plus en plus de poids. 
(photo d'un viennois prise sur "le site du cheval")

A Saumur, les sauteurs pratiquent la courbette. Dans cet air, le cheval élève son avant-main au maximum et se tient verticalement, le plus droit et grandi possible, les antérieurs ramenés devant lui et immobiles. Si le maintient de la pesade se fait par la force du ressort formé par les postérieurs, celui de la courbette se fait par l'équilibre, sur la toute petite base que constitue les sabots postérieurs, le cheval pouvant perdre celui-ci aussi par l'arrière si il se donne trop fort.





































Remarque voici la définition qu'en donne La Guérinière : 
"La Courbette est un saut dans lequel le Cheval est plus relevé du devant, plus écouté et plus soutenu que dans le Mézair, et où les hanches rabattent et accompagnent avec une cadence basse et tride, les jambes de devant dans l'instant qu'elles retombent à terre."



cabriole

le cheval, dépliant fortement sa levade, soulève ses postérieurs du sol et les lance horizontalement en une puissante ruade, c'est la cabriole, le plus parfait des sauts selon La Guérinière. Elle est préparée par le terre-à-terre, petits bonds successifs qui mettent en place les ressorts et font prendre de l'élan.

Quand on aime la photo, déclencher à l'exact bon moment provoque un grand sentiment de réussite ( :0) )



J'aime cette prise : on voit là toute la puissance et la souplesse du cheval. La hauteur à laquelle le cheval se projette est stupéfiante. On peut aussi admirer la dextérité du dresseur qui parvient à ne pas heurter la bouche de son cheval : rendez-vous compte de la puissance du mouvement qu'il y a à accompagner !















J'admire les chevaux sauteurs, et l'assiette de leur cavalier, la maîtrise de leur dresseur ; je trouve néanmoins que c'est une discipline dure. Le fait est que ces figures sollicitent fortement les articulations, mais surtout les aides sont souvent dures, voire agressive, l'apprentissage est souvent basée sur les défenses du cheval.

Sur la photo, on voit le cavalier, cravache brandie. Attention je ne dis en aucun cas qu'il y a maltraitance ! Je dis que les exigences en font une discipline dure, et si les chevaux choisis ont une sensibilité et une réactivité certaine, il faut néanmoins les stimuler.
Le cheval a la queue plaquée, ce qui est un signe d'appréhension. On peut aussi remarquer les oreilles tournées vers le cavalier, l'encolure crispée, l'angle de tête relevé : le cheval se méfie de ce qui vient derrière (tout poney de club aura une attitude semblable le cas échéant). La ruade qui va suivre est de nature défensive. Attention : le mouvement est acquis, la réponse à la sollicitation est acquise, connue : aujourd'hui, le cheval ne répond pas à une menace, il donne une réponse qu'il sait être celle attendue en conséquence, je ne pense pas qu'il se sente aujourd'hui menacé (il sait aussi que si la réponse appropriée ne vient pas il peut y avoir sanction : la menace va se réaliser). Mais cette réponse (la ruade) est par origine liée à la réponse naturelle qu'est la ruade défensive. 
Dans les levades, on voit souvent un coup d'éperon pour la provoquer et la main du cavalier vibrer (parfois très fortement) sur la bouche du cheval pour empêcher celui-ci de descendre.






Ces exercices placent tout de même le cheval en un certain état d'agitation, d'un certain stress contrôlé et maîtrisé aussi bien les chevaux que les cavaliers sont admirables en cela.
Ils sont aussi d'une grande vivacité. Les sauteurs montés alternent des périodes d'Airs sautés donc très rassemblés et des périodes de galop vif et rapide (relativement), enchainant les figures d'une piste avec énergie et précision.  Beaucoup plus impressionnant en direct qu'en vidéo d'ailleurs.

Je ne sais pas si cela est fait dans ce but mais je le suppose, ces moments de galop énergique ont pour effet de permettre au cheval d'évacuer l'excès de tension et aussi de garder les chevaux énergiques et disponibles. Je viens en effet d'expliquer au-dessus que les sauts d'école sont liés, ont besoin et amènent une tension nerveuse, liée aux défenses. Chez le cheval la défense est la fuite. Bien sûr, les chevaux n'ont pas peur, mais on leur demande le même type d'influx nerveux que si ils avaient peur. Ainsi, ils sont physiologiquement préparés à la fuite c'est-à-dire au galop rapide. Ils peuvent alors satisfaire ce besoin (bien sûr, au travail le galop n'est précipité comme lors d'une fuite !) et rester en flux détendu, mais néanmoins conserver la réactivité nécessaire à leur travail (ce qui ne serait pas le cas, avec un massage de garrot évidemment).  A pied, cela est impossible, mais le dresseur laisse avancer un peu après la plupart des sauts. Sa présence à pied à normalement une influence rassurante (notion de dominance et de guidage leadership en anglais)

samedi 2 juillet 2011

Saumur, le Printemps des Ecuyers ... 2009 cette fois-ci

Profitant de notre visite à Saumur, nous achetons le DVD de la session 2009 du Printemps des Ecuyers. Cette année-là, le Cadre Noir recevait l'Ecole Portugaise d'Art Equestre. Ca a du être un spectacle magnifique, de nombreux chevaux Alter Real étaient présents avec leur écuyer et plusieurs tableaux associaient les deux écoles, ce que l'on attendait de la rencontre avec l'Ecole Espagnole deVienne.

A l'ouverture, semble-t-il, des cavaliers des deux Ecoles travaillaient librement, puis tout le monde se mit en place en une haie d'honneur, pour l'entrée en piste de deux Ecuyers en chef ( le Colonel Faure et le Dr Graciosa). Belle impression.
Un pas de deux ("l'équitation académique") a réuni un magnifique portugais monté par une Ecuyère française et un alter qui lui, était un peu décevant en revanche. Je ne peux m'empêcher de penser que ce couple français aurait eu de bonnes chance aux jeux olympique ou autre !  
Un pas de quatre,  un tableau de sauteurs à pieds et en liberté, réunissaient aussi français et portugais. 
Les portugais ont aussi présenté le "manège royale" qui consiste en des chevaux travaillant librement différents airs allant jusqu'au sauts d'école, un carrousel, le solo au longues rênes et la reprise du Dr. Graciosa.
Le Cadre Noir, quand à lui, a présenté ses tableaux caractéristiques : la reprise des "sauteurs en liberté" (un billet sur la session 2011 est en préparation), l'obstacle aux longues rênes et monté, "la belle époque" (où deux cavaliers sautent des obstacles une table, une chaise et des poteaux)

Vraiment, le spectacle à du être magnifique, je regrette de pas y être allé. Le DVD permet de voir, parfois seulement d'entrevoir, les qualités (et parfois les défauts) des différents acteurs. Mais pas de profiter du spectacle. En effet, il est constitué d'un montage de moins d'heure de petits morceaux de tableau, plus rarement de passages entiers de reprise. Il est donc impossible de voir l'intégralité du spectacle. On voit à peine le solo au longues rênes de Lisbonne et la reprise de l'Ecuyer en chef le Dr.Graciosa. De même les numéros de sauts sont très peu filmés, ce qui à mon sens est moins dommageable : l'obstacle m'intéresse moins, et ces tableaux sont présentés très fréquemment. 
Le montage, la qualité de l'image, les prises de vue font penser à du travail d'amateur plutôt que de professionnel, à du travail bâclé même : il n'y a même pas de chapitrage. Il coûte 20€ le DVD tout de même!

lundi 27 juin 2011

Saumur, le Printemps des Ecuyers 2011. Trois reprises

Troisième article sur mes impressions et mes clichés du printemps des écuyers.

Ici, je vais mettre en parallèle les trois reprises ayant été présentées : Celle du Maître Ecuyer, monté sur une jument ; la reprise aux longues rênes de l'Ecuyer Viennois ; la reprise libre en musique, d'une Ecuyère monté sur un lusitatien, du nom de Ralo (sauf erreur). J'ai pris assez peu de photos et films de Ralo, parce que j'ai préféré en profiter d'avantage en direct. La reprise m'a semblé très réussie et j'ai à présent l'impression que mes prises de vue ne lui rendent pas toujours justice.



Magnifique appuyer du maître écuyer. J'aime cette photo grâce à la posture du cheval : Il est dans un bel équilibre, la nuque légèrement ouverte, on voit bien l'incurvation, le pli de côte avec l'arrière-main qui se déplace vers la gauche du cheval.
D'un point de vue photographique, je trouve que l'attitude du cavalier parfaite : on le voie dans le mouvement, la volonté, le but est visible dans la tension de la posture. D'un point de vue équestre, il me semble que le cavalier pourrait être un tout petit poil plus derrière et plus dans sa selle.






Le galop de la jument est très plaisant et j'aime beaucoup les changements de pieds du couple : ils sont coulants, souples et semblent faciles, tout l'art du dressage !
Sur la vidéo suivante, on peut comparer trois couples : 

Si le lusitanien a un galop magnifique à mon sens, pour les changements de pieds, je ne comprends pas trop ce qu'il fait. Chez le Viennois, le galop se rassemble, gagnant un maximum de lenteur et d'élévation de l'avant-main.

Le rassembler se caractérise par l'abaissement des hanches et l'élévation de l'avant-main. 










Comme le dit le présentateur, le rassembler est une condition d'une pirouette réussie. On voit la jument se raidir et tâcher de sortir de sa pirouette, en particulier sur la deuxième. Le rassembler "vrai" n'est absolument pas son fort, nous en aurons confirmation dans la vidéo suivante. A l'opposé, le lipizzan montre une élévation spectaculaire.


Voici une vidéo rassemblant les piaffers et les passages des trois couples de tout à l'heure. 


Pour ma part, le piaffer des français n'est pas génial, voire carrément mauvais, inexistant, pour celui du maître écuyer. Celui du Viennois est fait légèrement en avançant, mais je préfère cela plutôt que de voir un cheval piétiner ou se traverser, se défendre. En revanche, les passages me plaisent tous bien. Moins celui de la selle français, qui me parait plus rigide. Le passage du lusitanien est magnifique.


Trois impressions globales ressortent de ma mise en relation de ces trois reprises : le couple formé par la jument et le Maître Ecuyer brille dans les airs plus étendus et allants. Les deux couples français ne présentent pas de rassembler vraiment remarquable, c'est d'autant plus regrettable, que - et j'en parlerais dans un prochain article, sur les sauteurs - les Ecuyers Français savent montrer des chevaux très rassemblés. La reprise Viennoise est brillante de précision et caractérisée par les attitudes rassemblées (mais je reviendrais dans un article ultérieur sur cette reprise). Le couple formé du lusitanien et de l'Ecuyère est brillant, expressif.

Aucun des piaffers présentés ne m'a vraiment séduit, je suis donc allé en chercher une présentation dans une autre vidéo prise sur le net , de Ruby Alter Real de l'Ecole Portugaise d'Art Equestre (merci à son propriétaire, j'espère qu'il ne m'en voudra pas de l'utiliser), je vous invite donc à y rechercher le piaffer de 1minute10 à 1min55 environ puis de 4min40 à 4min55.

 Vous remarquerez le formidable abaissement des hanches. On peut aussi observer la beauté du passage qui en découle.

Une petite note amère pour finir. Le Cadre Noir de Saumur ne présente pas de chevaux réellement rassemblés, n'est pas représentatif de la tradition classique, même si il a de nouveau recours aux chevaux mieux fait pour ça (je veux parler des lusitaniens présents à l'ENE). En effet, la direction avouée de l'ENE est bien plus celle des performances sportives que celle de la conservation d'une certaine tradition équestre. Je trouve ça très bien en ce qui concerne l'obstacle, dans le cas du dressage, cela ne me dérangerait pas si l'orientation sportive était moins ce qu'elle est...

samedi 25 juin 2011

Saumur, le Printemps des Ecuyers 2011. Les Lipizzans.

Deuxième article de ma série sur le printemps des écuyers.
L'association Française du Lipizzan présente des étalons. Deux d'entre eux me sont facilement visible. Un jeune, trois ans si je ne me trompe pas, qui s'agite beaucoup et que j'ai beaucoup de mal à prendre en photo. Voici néanmoins un cliché que j'ai très largement repris avec mon logiciel de retouche. J'ai pris la peine de retravailler cette photo parce que le mouvement de l'image me plaisait, ainsi de le cadrage de la photo, dans le genre, pris sur le vif, l'effet vieux journal...

L'autre étalon que je voyais bien, et pour cause, il était juste devant moi était sculptural. Je n'aime pas particulièrement la morphologie des Lipizzan, je leur trouve la croupe trop horizontale, les membres souvent un peu court et épais... Montés, ils sont merveilleux, mais libres, ils me semblent toujours un peu quelconques.
Celui-ci est fait différemment, et même si ce n'est pas le modèle de cheval que j'apprécie le plus, il avait une telle présence. (Pour info, les chevaux que je trouve généralement les mieux fait sont les Alter Réal)
Tout d'abord, une photo sans grand intérêt, mais qui permet de voir le modèle du cheval :

Cette photo-ci est laissée sombre, pour le côté doux et intime.

























Traitée plus fortement j'obtiens ça, qui me plait bien









J'aime beaucoup cette photo, que j'ai beaucoup éclaircie : la posture du cheval lui confère une grande noblesse, malheureusement, le pilier au fond est dans l'alignement de l'oreille, ce que je trouve dérangeant. 





Viennent plus tard, deux petites merveilles, accompagnées de leur maman. Je dois avouer que les poulinières, je ne les ai pas tellement regardées. Ici, pas question de prendre des photos ! 


Je mets aussi ici quelques photos de Théodora


Une photo que je me suis acharnée à prendre : celle du reflet dans le miroir ! 










Sur celle-ci, je me suis un peu lâchée au traitement, avec un léger effet "peinture à l'huile" dans le miroir.

mercredi 22 juin 2011

Saumur, le Printemps de Ecuyers 2011 : les Lipizzans à l'honneur

Cette année, le Cadre Noir, recevait l'Ecole Espagnole de Vienne, à mes yeux l'Ecole la plus prestigieuse. Plus qu'une Ecole d'ailleurs, c'est un conservatoire, dont les manières équestres – à quelques détails près, j'y reviendrais – me semblent être celles que tout cavalier se doit de respecter.
Lors des reprises, les chevaux viennois se montrent calmes et disponibles, vifs et plein de rondeurs, avec un bel abaissement des hanches, caractéristique du vrai rassemblé.
Nous nous offrons donc, mon Chéri et moi, d'excellentes places pour assister au spectacle, le dimanche 12 juin.
Regardant le programme, je suis déçue de constater que de l'Ecole de Vienne nous ne verrons qu'une présentation aux longues rênes et un attelage.
Est présente aussi l'association Française du Lipizzan avec des étalons et des juments suitées.


J'aime faire de la photo, je réussis parfois même de beaux clichés. La photo équestre est un art difficile, en tout cas, pour moi : soit l'objet de notre attention est en perpétuel mouvement, rapide, présentant des postures particulièrement élégantes ou intéressantes mais qui ne durent pas et sont difficiles à viser et mettre au point, soit il est en train de brouter, et les clichés deviennent extrêmement monotones ! Avec le cheval monté, les mouvements ont au moins le mérite d'être un peu plus prévisibles, mais les difficultés liées à l'ouverture, la vitesse d'obturation etc amène les appareils commun, dont mon bridge, à faire de nombreux clichés flous et / ou trop sombre surtout lorsque cela se passe en intérieur. Mais tout de même on peut parvenir à des résultats, qui si ils sont loin de ceux des bons photographes (souvent équipés de matériel professionnel) restent honorables.
Ici, les conditions n'étaient évidemment pas des meilleures, à cause de la faible luminosité, mais j'étais particulièrement bien placée : au premier rang ! J'ai alors quelques images que j'ai envie de partager : certaines pour ce qu'elles montrent tout simplement et pour les commentaires qu'elles m'inspirent, d'autre parce qu'elles me plaisent d'un point de vue photographique.


Première photo :
 L'Ecuyer en Chef, le Colonel Faure et l'écuyer Viennois, Herbert Seilberl (Première remarque : son nom a été particulièrement difficile à retrouver, j'ai du reprendre la bande vidéo fournie par Equidiawatch ! Je trouve qu'il aurait été plus correct de le mentionner dans le programme ! ) Il monte sûrement, et en tout cas, mènera aux longues rênes Siglavy Théodora. Je ne parviens pas à trouver le nom du cheval de l'Ecuyer en chef. Je le regrette car ce cheval a trois particularité … dont deux m'ont donné envie de lui tirer le portrait, sans succès. La première particularité est inhérente à son statut de cheval de l'Ecuyer en chef : il va au pas d'école : le pas est lent (on dit « écouté ») développé, avec une belle élévation des épaules.
Les deux autres particularités sont qu'il semble être oreillard et qu'il tire régulièrement la langue. Oreillard, c'est-à-dire qu'il porte les oreilles, qu'il a longues, tombant légèrement et sur les côtés. Il a, malgré cela, une belle tête expressive et intelligente.


La photo suivante est sombre et les chevaux sont de dos. J'aurais pu l’éclaircir, les chevaux auraient alors été mieux visibles, mais l'ambiance n'aurait pas été la même. J'aime cette ligne sombre qui se dirige vers la lumière, guidée par un cheval blanc.







Le tableau suivant présente un cheval d'obstacle, il y en aura beaucoup... L'obstacle n'est pas vraiment ma discipline équestre préférée, mais je trouve ça agréable à regarder, et surtout à photographier : viser, mettre au point et attendre le moment de déclencher, un vrai jeu de réflexes ! Contrairement à Vienne, Saumur n'est pas un conservatoire d'art équestre, mais une école inscrite dans le temps. L'obstacle fait donc largement parti de ce qu'elle a à montrer.
Ce tableau est vraiment réussi : des écuyers arrivent dans un trot cadencé (sur leurs pieds, pas à cheval), par paire, portant des barres, et se placent en piste selon un parcours d'obstacle, c'est vraiment joli à voir.
Pour moi, c'est l'occasion de jouer avec mon appareil :




















Ce sont des clichés dont je suis plutôt contente et que je me suis bien amusées à prendre.
(à suivre)

lundi 16 mai 2011

Le toilettage/massage : comment faire ?

Je ne suis pas une professionnelle du massage équin, je vous renseigne ici sur ce que je pratique sur les chevaux que je manipule, me fiant à mon expérience et à mes lectures, il existe des techniques assez variées, basées sur différents courants... Pour ma part, je me base sur mes observations d'ostéopathes, un peu de shiatsu, Telligton jones et surtout mon ressenti, les réactions des chevaux.
Pour des connaissances plus approfondie consultez vous même des ouvrages, des professionnels.


Il ne s'agit pas ici de guérir physiquement un cheval, pour cela consultez, mais de lui faire du bien, de tisser des liens, de découvrir le cas échéant des endroits douloureux. Néanmoins, vous pouvez parvenir à soulager des tensions physiques (particulièrement musculaires) améliorer la circulation sanguine, améliorer le moral et parfois le comportement du cheval.


Je pars ici du principe que vous pouvez toucher votre cheval partout. Si ce n'est pas le cas, la séance de massage est à la fois le moment et absolument pas le moment de le travailler ! 
Je m'explique : le moment du massage est un moment détente pour le cheval (et pour vous) c'est un peu lui qui mène la danse, qui guide. En conséquence, si il explique qu'il ne veut pas que l'on touche un endroit en particulier, et bien on ne le touche pas. On peut (doit !) en revanche s'interroger du pourquoi, "il a toujours été comme ça" n'étant pas une réponse satisfaisante. D'un autre côté, le cheval détendu, mis en confiance peut se trouver plus conciliant à se laisser approcher ses zones plus délicates. Et d'ailleurs, lorsque l'on veut apprendre à un cheval à se laisser toucher partout, on commence toujours par manipuler les zones de bien être. En général, il vaut tout de même mieux faire appel à un professionnel, en particulier si vous manquez d'expérience : la première règle est de ne pas se mettre en danger !



Un massage se montre plus qu'il ne s'explique (je tâcherais de faire une vidéo) et différents chevaux ne vont pas avoir besoin du même type de massage : globalement, les chevaux à forte masse musculaire ont besoin de plus de pression que les chevaux plus sec ou moins en état, les chevaux nerveux, un rythme plus lent que les chevaux froids etc ...
Cela dit, ce n'est pas parce qu'un massage correspond un jour qu'il conviendra le lendemain. Il vous faut donc observer votre cheval, ses réactions, et voir en fonction si il faut passer vite, s'attarder un peu, stimuler, calmer etc ...
Il faut essayer de passer sur tout le corps, cela va des gencives (si on peut le faire sans se faire mordre) des oreilles, jusqu'à la queue et aux sabots (attention aux coups de pieds). Il faut s'attacher à être le plus symétrique possible. Suivez votre instinct et celui du cheval. ECOUTEZ LE ! C'est le moment ou jamais !

Vous devez être serein, avoir envie d'être avec votre cheval. Evitez les distractions, surtout au début, ce n'est pas le bon moment pour discuter avec les copains. Profitez du massage pour apprendre votre cheval.
 L'idéal pour un bon massage est environ une demi heure. Mais si vous avez moins de temps, ou si votre cheval n'est pas encore convaincu des bienfaits que cela procure ou manque de patience, vous pouvez vous contenter de la simple première exploration avant le massage. Vous pouvez aussi travailler jour après jour les différentes parties, en restant symétrique chaque jour (si vous travaillez l'encolure, travaillez à gauche et à droite ; si vous travaillez le dos, travaillez à gauche et à droite, idem pour ... tout). Je préfère tout de même éviter de "découper le cheval en morceaux" et je suis convaincue que dans ce cas, il faudra, au moins une fois par semaine, le masser dans son intégralité. La période préparatoire (voir dessous) peut être très rapide selon les chevaux et votre expérience, et le massage de tout le corps peut ne prendre que quelques minutes, avec un cheval facile. Néanmoins, ce même cheval facile, appréciera d'autant plus un vrai massage qui dure un peu, au moins une fois de temps en temps.


Avant le massage, (Pensez aussi à lui "dire bonjour" avant tout !) Observez, examinez, préparez : 
Passez une main légère sur l'ensemble du cheval pour repérer les zones chaudes, les zones froides, les creux (logiquement mous) et les bosses (dures), éventuellement les endroits chatouilleux etc. Avec les chevaux habitués, qui aiment le contact physique, et que vous connaissez bien, vous pouvez examiner des zones plus particulières du bout des doigts. 

Je vous avoue que connaissant bien ma jument, je zappe un peu cette partie, vérifiant tout de même les zones habituellement problématiques (dos, encolure), mais je poursuis mes observations au cours du massage lui même.


Pendant le massage, soyez à l'écoute :
NE JAMAIS FAIRE MAL ! Dans le doute, être le plus doux, aller le moins profond. 
Au cours du massage, sentez les muscles, les articulations ... suivez leur contour du bout des doigts, suivez la respiration du cheval. Vous même, respirez profondément et calmement ... Il faut que ce soit aussi un plaisir pour vous : passez un bon moment avec lui. Soyez timide, précautionneux lors des premiers massages si il le faut.
Bien souvent, le cheval met lui même la pression qu'il souhaite : je me suis trouvée un jour le poing sur l'encolure de ma jument qui s'appuyait fortement contre au niveau d'une cervicale qui la gênait. On notera que dans d'autre circonstance, un cheval qui pousse à l'encolure (généralement des entiers) le font dans un but de domination ; ici, cela n'a rien à voir !
Durant le massage, on réchauffera les zones froides, par application de la main, par friction, on pourra insister un peu plus longtemps et éventuellement aller à un rythme un peu plus rapide, plus stimulant. On passera rapidement sur les zones chaudes (on les effleure à peine si elle le sont beaucoup, si elle sont à la fois dures et chaudes : ce sont des points douloureux)
Sur les creux, on peut mettre de la pression et l'enlever lentement comme pour pomper. Sur les bosses, on "étale" plus doucement, on assouplie, on malaxe, dans le sens du muscle on ne s'attarde pas, pour ne pas irriter. 
Autant que possible, bien veiller à rester en équilibre sur vos deux pieds, les genoux légèrement fléchis, le dos droit (abdo en soutient) Si il doit y avoir un peu de pression, il ne faut pas mettre de la force, mais utiliser votre poids. Si le cheval est grand, ne pas hésiter à monter sur un marche pieds (bien stable ! Et en préparant le cheval à ce qu'il n'ait pas peur)
Ce doit être un plaisir pour le cheval, le décontracter, alors soyez le aussi ; écoutez-le, laissez le vous guider vers le type de massage qu'il apprécie. Un jour, il aura besoin de certaines choses, le lendemain d'autre...
Ne pas s'attarder sur les différents points : ça peut devenir irritant, voire faire mal (y compris plus tard) provoquer des inflammation. Il faut être le plus symétrique possible. 

Les techniques, que j'emploie :
Toujours garder le contact avec le cheval : une main masse, l'autre est posée en contact (Rq : on peut, par exemple, en mettant une pression sur les deux mains à plats et en les écartant l'une de l'autre, étirer la peau sur le muscle ; sur les membres, je masse aussi des deux mains en même temps) . 
On peut masser avec 
- la paume de la main : la main plus ou moins à plat, (jusqu'à en fait n'utiliser que le talon et la pulpe) ; 
- la pulpe des doigts, généralement en prenant appui du talon de la main ; 
- le bout des doigts, même un peu avec les ongles ! 
- les phalanges, doigts plus ou moins pliés jusqu'au poing. 
On peut faire :
- avec la paume, on peut faire des pressions, des mouvements circulaires, frictionner ; 
- avec les doigts, on peut faire des pressions, des mouvements circulaires, pincer la peau (pas pour faire mal ! ) gratter (y compris avec les ongles) ;
- avec les phalanges, on met plus de pression, on peut faire des mouvements circulaires, éventuellement frictionner.
Attention : on sent mieux avec la paume et avec la pulpe des doigts ! (et la paume procure un massage plus doux et moins profond que les phalanges !)

Généralement, le but est de simplement bouger la peau, parfois, ce n'est pas facile, la peau semble collée au muscle, et on sent qu'il faudrait mettre beaucoup de pression voir pincer fortement la peau pour la décoller, pour ma part, je ne vais pas si loin, tant pis si seul le poil bouge. Je tâche parfois cependant de décoller doucement la peau en pinçant délicatement, si c'est possible. On peut déplacer ce pincement de proche en proche, ne pas forcer, NE PAS FAIRE MAL. Au fil des séances, cependant, tout cela doit s'assouplir.

J'imagine des lignes qui suivent le corps du cheval, le long desquelles sont disposés des points tous les 5 à 15cm. Je vais de points en points pour masser (si par pression ou cercle), en faisant glisser ma main (pour garder le contact). A la fin des lignes, il peut être bon d'avoir un geste qui chasse, qui évacue, cela termine le mouvement (et selon certaines théorie un peu mystique, chasse "le mal"). Je cherche les contours des muscles, des articulations etc ...

Le massage
1) La tête : selon, on commence ou on finit par elle : ce peut être stressant pour le cheval, si il est inquiet on la fera quand il sera plus détendu, sinon, on peut commencer par elle. Voici comment je procède : je me mets dans le sens du cheval, la tête de celui-ci sur mon épaule, la main sur le chanfrein, sans le coincer. Je caresse la tête dans le sens du poil, sur le front et le chanfrein, sur le dessus des yeux. Je fais des petits cercles, du bout des doigts au coin interne et/ou externe des yeux, doucement, en essayant de bouger la peau : juste un cercle. Je remonte éventuellement jusqu'à la base des oreilles. Le mieux, pour des raisons de symétrie est de partager en notre épaule gauche et notre épaule droite. Je sors de sous la tête du cheval. 
Caresser les oreilles, dans le sens du poil, en les écartant sur les côtés. Ma jument aime particulièrement qu'on la gratte dans les oreilles. Pincer délicatement le contour des oreilles. Descendre le long des ganaches, gratter ou frotter l'auge, au niveau de la gorge, entre les ganaches, vous pouvez masser délicatement par des mouvements circulaires. Prendre les ganaches entre les doigts et enfoncer doucement les doigts dessous.
Prendre le menton dans la main, et le faire bouger doucement, vous pouvez aussi faire ça avec le bout du nez. Si c'est possible, vous pouvez aussi frotter un peu les barres et les gencives au dessus des incisives, toujours essayer de faire bouger la peau, faire plutôt des mouvements circulaires. On peut aussi pincer légèrement en prenant les lèvres entre ses doigts

2) l'avant main : si possible, commencer par la nuque, sinon, y revenir plus tard : dans le sens du poil, selon des lignes parallèles, le long du chignon, vers l'épaule et le long de l'épaule.  Sur toute l'encolure et l'épaule, sans oublier le dessous, le poitrail l'inter-ars etc... et descendre sur les membres. Pour les membres, des mouvements enveloppant avec la paume sont pas mal sinon, d'autres techniques sont bien aussi. Par friction horizontales ou verticales, faisant bouger la peau ou juste en "grattant" de la main, de la même manière que pour les antérieurs, je finis par des pressions de la pulpe des doigts sur la couronne et les glomes.

3) Le corps et l'arrière-main : parallèle à la ligne du dessus par pression douce des paumes, du bout des doigts avec la pulpe et / ou en faisant des cercles qui font bouger la peau. On peut aussi partir de la nuque ... Donc : avant le garrot, le garrot, le dos, les reins, la croupe, la fesse, le pli de la fesse ; deuxième ligne (et troisième), un peu plus bas, pour ma part, je commence derrière l'épaule, les côtes, les cuisses ect... Encore une ligne au niveau des ars et sur les côtés du ventre, sur la ligne médiane (la ligne du nombril) jusqu'au fourreau (faire de chaque côtés du fourreau)
Les postérieurs, je fais les parties charnues de la jambe de la même manière que le corps (paume ou doigt etc...) et à partir du jarret, je pratique comme pour les antérieurs.

4) la queue : la soulever délicatement et faire jouer en l'arrondissant chaque vertèbres en étirant délicatement, comme pour les écarter les unes des autres.

Pour finir
On refait un léger balayage du corps, on en profite pour constater que le cheval est physiquement plus détendu (température plus uniforme, les muscles sont relâchés). La lèvre inférieure est relâchée, la tête est basse, l'encolure allongée...

Rq 1 : on peut introduire aussi quelques mouvement de stretching et étirements.
Rq 2 : le massage peut être orienté de manière à être plutôt stimulant ou plutôt calmant.
Rq 3 : important : si votre cheval montre souvent des zones froides ou chaudes, des muscles très contracté, des douleurs etc ... Il a très probablement besoin qu'un professionnel (véto ou ostéo etc...) s'en mêle !


J'ai essayé d'être la plus exhaustive possible, mais j'ai pu faire des oublies, et je ne sais pas tout ! Même si c'est la première fois que je l'écris, je vous invite, si vous avez des remarques, des questions à répondre à ce message, aussi bien qu'aux précédents.
Suivez votre instinct, mais ne faites pas au hasard, soyez imaginatif, mais veillez à ne jamais faire mal.